Bilan

La fin de Facebook est proche

Un expert en réseaux sociaux prédit la fin de l’âge d’or pour Facebook. Les autres réseaux qui tentent de détrôner le géant se trompent de combat.
  • Le règne de Facebook se lézarde. Au troisième trimestre 2013, le nombre d'ados actifs sur la plate-forme a baissé de 16%. Crédits: Keystone
  • «Facebook ne sera plus jamais cool», écrit Chrys Bader. Alors, le réseau social allonge les milliards pour s'acheter une image plus branchée à coups de milliards, comme elle l'a fait avec Instagram.
  • Mais le résultat n'est pas garanti. Et l'application Snapchat (son fondateur Evan Spiegel en photo) a récemment refusé une offre d'achat à 3 milliards pour éviter d'être phagocyté par une machine davantage préoccupée à faire de l'argent plutôt qu'à connecter les gens. Crédits: Keystone
  • Pour Chrys Bader, les produits «sociaux» sont susceptibles de passer, comme n'importe quelle mode.
  • Du coup, les services qui tentent de concurrencer Facebook «se battent pour la dernière cabine de libre à bord du Titanic, alors qu'ils feraient mieux de regarder quels bateaux sont prêts à quitter le port», estime l'expert. Crédits: Keystone

Le règne de Facebook se lézarde. Même si le nombre d’utilisateurs adultes (et seniors) continue de croître, le réseau social n’attire plus les jeunes générations. Au troisième trimestre 2013, le nombre d’ados actifs sur la plate-forme a baissé de 16%.

Rien de plus normal estime dans une analyse récente Chrys Bader, expert en réseaux sociaux et ancien ingénieur sur Google +. Facebook suit les mêmes stades d’évolution qu’un mouvement social. Après une phase d’émergence puis de croissance, le réseau social a vécu une période de «bureaucratisation» parallèlement à son entrée en bourse. Suivra le temps du déclin «comme les mouvements sociaux, écrit Chrys Bader. Une fois leurs objectifs et idéologies adoptés par le plus grand nombre, la nécessité d’un mouvement disparaît».

Pour le spécialiste, Facebook s’est institutionnalisé. Le site est devenu une sorte de place du village à l’échelle globale, mais les ados n’y traînent plus leurs baskets.

Trop lourd à gérer

La raison de ce désamour: Facebook est devenu lourd à gérer. Avec le temps, le réseau social de chacun est devenu volumineux, composé d’amis plus ou moins proches, de connaissances plus ou moins éloignées et de contacts plus ou moins professionnels.

Plutôt que de mettre en contact l’utilisateur et ses «Friends», Facebook oblige celui-ci à constamment gérer son image pour ne montrer que ses meilleurs côtés. En face, les applications concurrentes comme Snapchat ou WhatsApp offrent une plus grande liberté d’expression.

La quête d’une image jeune

«Facebook ne sera plus jamais cool», écrit Chrys Bader. Alors, le réseau social allonge les milliards pour s’acheter une image plus branchée, comme elle l’a fait avec Instagram.

Mais le résultat n’est pas garanti. Et l’application Snapchat a récemment refusé une offre d’achat à 3 milliards pour éviter d’être phagocyté par une machine davantage préoccupée à faire de l’argent plutôt qu’à connecter les gens.

A quoi bon concurrencer Facebook?

Pour Chrys Bader, les produits «sociaux» sont périssables et aussi mortels que leurs utilisateurs: «Ce qui était cool dans les années 70 ne l’était plus dans les années 80. Ce qui est devenu cool dans les années 80 ne l’était plus dans les années 90. Les réseaux sociaux sont susceptibles de connaître les mêmes phénomènes de mode».

Du coup, les produits qui tentent de concurrencer Facebook «se battent pour la dernière cabine de libre à bord du Titanic, alors qu’ils feraient mieux de regarder quels bateaux sont prêts à quitter le port», conclut l’expert.

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