Bilan

La droite veut voter plus tard sur les salaires équitables

Voter en novembre plutôt qu’en septembre permettrait une campagne de meilleure qualité sur l'initiative «1:12 - Pour des salaires équitables», dit-on à droite. Tant mieux rétorque le PS qui estime l’effet Minder durable
Les prochaines votations populaires auront lieu le 22 septembre 2013 ou le 24 novembre 2013. Le Conseil fédéral n’a pas encore tranché. Mais pour l’initiative 1 :12 du Parti socialiste, à droite de l’échiquier politique suisse, on ne fait pas mystère d’une préférence pour un scrutin au mois de novembre.

Car, le texte du PS qui exige qu’aucun salaire, dans une entreprise, ne soit plus de douze fois supérieur à celui de l’employé le moins payé n’est pas sans rappeler l’initiative Minder. Une thématique salariale prompte à éveiller toutes les passions. Et le désaveu des élites économiques lors du vote du 3 mars a été tel que d’aucuns laisseraient bien retomber le soufflé d’indignation sur lequel veut surfer le PS.

Une campagne de proximité

Faire oublier Minder? Ce n’est pas la raison qu’invoque Jean-François Rime. C’est l’Union suisse des arts et métiers (USAM), dont il est le président, qui prendra le leadership de la campagne, suite à la débâcle d’EconomieSuisse.

«Les votations de septembre induisent des campagnes rapides. Car la votation tombe en pleine session parlementaire d’automne. Nous sortirons à peine de l’été où rien ne se passe. Surtout nous avons l’ambition de proposer un débat complet et de qualité sur ce thème important pour l’économie de notre pays», explique ainsi Jean-François Rime.

Et le président de l’USAM de surenchérir: «Nous ne sommes pas des professionnels de la politique: il faut aussi nous laisser le temps de faire notre travail, de rencontrer les gens, de débattre, et d’avancer nos arguments.» D’autant que l’USAM entend mener une campagne de proximité à travers ses sections cantonales et faire passer son message via le soutien des 300 000 patrons de PME adhérents.

La droite prête au combat

Cette bataille contre le PS ne se gagnera pas en couvrant le pays d’affiches, explique en substance Jean-François Rime, également conseiller national UDC. «Les patrons des PME sont encore des gens crédibles vis-à-vis de leurs employés», lance celui qui est aussi patron d’une scierie à Bulle (FR) en une assertion qui ressemble fort à une critique acerbe à EconomieSuisse.

A droite, on se dit donc déjà prêt au combat. «De toute façon, nous n’avons pas la possibilité d’influencer le Conseil fédéral», ajoute la vice-présidente du PLR Isabelle Moret. Et de poursuivre: «Il faut reconnaître que l’on court d’une campagne à l’autre et que pour l’initiative 1 :12, il faudrait commencer tout de suite en mai, si on veut bien exposer les enjeux de ce scrutin à la population.»

«Le PS, le parti de l’emploi»

A gauche, la confiance est de mise. Cédric Wermuth, actuel conseiller national socialiste argovien et ex-président des Jeunes socialistes qui a porté l’initiative 1 :12, n’a de préférence ni pour septembre ni pour novembre. Quoi que…

«A tout prendre, autant une campagne longue jusqu’en novembre. Cela ne fera que décrédibiliser davantage les élites économiques et le grand patronat de ce pays qui n’ont rien compris à ce que signifie le partenariat social», affirme le bouillant jeune politicien.

D’ailleurs, la stratégie annoncée par l’USAM l’enthousiasme. «Je suis convaincu que les petits patrons seront avec nous», s’enflamme Cédric Wermuth. «Parce que 1: 12 ne les concerne pas. Parce que ce sont elles, les PME, qui sont mises sous pression par les multinationales qui ne pensent qu’à leurs marges et non à l’emploi. Et que la mise à niveau des petits salaires dans ce pays améliorera le pouvoir d’achat de la classe moyenne, qui est la clientèle des PME. Non vraiment, cette stratégie de proximité de l’USAM est une chance pour le PS de démontrer qu’il est le parti qui défend l’emploi dans ce pays.»
Xavier Alonso

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