Bilan

La diversité, un atout majeur en entreprise

Lorsque les postes de top management sont ouverts aux femmes, la compétitivité s’accroît. C’est un rapport de Credit Suisse qui l’affirme, après avoir passé au crible 3000 sociétés internationales.

Nommée à la tête d’un PepsiCo mal en point, Indra Nooyi a su redresser le géant américain.

Crédits: Olivier Douliery/DPA/AFP

Les groupes qui présentent la plus grande diversité de genres au sein de leur management et de leur conseil d’administration sont aussi ceux qui affichent les meilleures performances. Voilà la conclusion d’une étude signée par Credit Suisse Research Institute (CSRI). Les auteurs ont passé au crible plus de 3000 entreprises de niveau mondial et interrogé 27 000 managers seniors. Ainsi, lorsque les femmes sont majoritaires dans le top management, les affaires montrent une croissance supérieure, un plus haut retour de cash sur investissement et une exposition moindre au risque. 

Mais cette recherche pointe aussi un effet pervers: appelées en nombre dans les conseils d’administration par les sociétés soucieuses d’atteindre leurs objectifs en matière de diversité, les femmes disparaissent du même coup du bassin d’individus susceptibles de grimper dans l’exécutif. Le CSRI souligne que ce sont surtout les quelques femmes CEO (à peine 3,9% de l’échantillonnage) qui favorisent activement la promotion des femmes de manière à alimenter le pipeline de talents. 

La recherche de Credit Suisse démontre le bien-fondé d’un concept nommé la «falaise de verre» (Glass Cliff). Professeurs à l’Université d’Exeter, Michelle Ryan et Alex Haslam ont identifié que les femmes sont le plus susceptibles d’être nommées à un poste de leadership lorsque celui comporte de grands risques d’échec. Une femme CEO accède au pouvoir lorsque les chances de ramener la compagnie vers le succès sont particulièrement faibles. Sa désignation passe pour un «dernier ressort».

L’arrivée de Marissa Mayer en 2012 à la tête de Yahoo!, alors que la société internet était en perdition, illustre ce principe. Si cette dernière a échoué à redresser la firme, Indra Nooyi, nommée en 2006 à la tête de PepsiCo, a en revanche réussi à rajeunir l’image poussive de la boisson gazeuse. La marque est devenue sous sa houlette un label soucieux de l’environnement apprécié des 18 à 34 ans.

Le CSRI a également confronté le syndrome de la «reine des abeilles» (Queen Bee) à son corpus de données. Selon cette idée, une femme top manager se montrerait hostile aux autres femmes afin de sauvegarder sa supériorité. Or, l’analyse prouve exactement le contraire. Les femmes CEO sont nettement plus susceptibles de s’entourer de femmes dans les postes de direction.

Ainsi, il y a 50% de chances de plus qu’une femme CEO nomme une femme CFO (chief financial officer) et choisisse des femmes pour diriger des unités d’affaires. Les femmes leaders encouragent le développement et la progression hiérarchique de leurs consœurs. Cheffe des opérations chez Facebook, Sheryl Sandberg consacre beaucoup d’énergie à la promotion des carrières féminines. Quant à Christine Lagarde, directrice du FMI, elle a fixé un objectif de recrutement visant à atteindre 50% de femmes dans l’institution.

Davantage de dividendes

Du point de vue de l’investisseur, la mixité représente un indice de performances supérieures et aussi de dividendes plus élevés. Les femmes sont en effet moins enclines à immobiliser le cash afin de financer de futures fusions et acquisitions, selon le CSRI. Plus hostiles aux risques, elles se montrent davantage soucieuses de redistribuer les gains de l’entreprise aux actionnaires. 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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