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La délégation suisse dresse un bilan intermédiaire mitigé à la COP23

Le chef de la délégation suisse Franz Perrez dresse un bilan mitigé à mi-chemin de la COP23, certains pays essayant "ralentir le processus de négociation et même de le remettre en question".
  • Le groupe des économies émergentes mené par la Chine, l'Inde, l'Arabie saoudite et l'Iran, a rouvert de vieilles tranchées, selon le Suisse. 

    Crédits: afp
  • Le groupe LMDC a également demandé que les règles soient discutées avant l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris, c'est-à-dire jusqu'en 2020.

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La Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Bonn (COP23) est à mi-chemin de ses deux semaines de négociations. Le chef de la délégation suisse Franz Perrez dresse un premier bilan très mitigé. Les ONG expriment aussi leur déception.

La conférence de Bonn est censée établir les règles permettant la mise en oeuvre de l'Accord sur le climat de Paris, approuvé en décembre 2015. Elle "a connu un début laborieux", a affirmé dimanche à l'ats M. Perrez. Si le déroulement des négociations ne le surprend pas complètement, M. Perrez le trouve néanmoins "décourageant".

Son espoir est qu'à la fin de la deuxième semaine de la conférence, il y ait au moins "un bon cadre fixé dans tous les domaines". "Cela doit pouvoir se faire, déclare-t-il. Ensuite, il s'agira de négocier l'adoption d'un règlement sur l'application des objectifs de protection du climat lors de la COP24, prévue dans une année à Katowice (Pologne).

Beaucoup de tactiques

Le groupe des économies émergentes (LMDC), mené par la Chine, l'Inde, l'Arabie saoudite et l'Iran, a rouvert de vieilles tranchées avec de nouvelles propositions, selon le Suisse. Ces pays "ont essayé de ralentir le processus de négociation et même de le remettre en question", explique-t-il. Du coup, il est beaucoup question de tactique dans les pourparlers, surtout du côté des LMDC et du groupe des Etats arabes.

L'Accord de Paris sur le changement climatique était un "compromis très délicat", rappelle M. Perrez. Par exemple, les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre ne sont pas contraignants. En revanche, les Etats se sont engagés à rendre leurs efforts transparents.

Quant au Fonds vert pour le climat (GCF), qui soutient à la fois des projets d'adaptation au changement climatique et de diminution des émissions de gaz à effet de serre, il donne comme prévu pas mal de matière à débattre. A partir de 2020, il devrait recevoir 100 milliards de dollars chaque année. Mais, là non plus, aucun engagement concret n'est inscrit dans l'accord parisien.

La COP23 est présidée par les Iles Fidji. Elle se tient à Bonn, siège du secrétariat du Conseil climatique de l'ONU, pour des raisons financières. Son but principal est d'établir un corpus de règles permettant la mise en oeuvre des objectifs de Paris, à savoir le maintien du réchauffement climatique en-dessous de 2°C et si possible à 1,5°C.

"Dynamique négative"

Le groupe LMDC exige désormais que les pays émergents fixent leurs objectifs de financement tous les cinq ans. Ils ont également demandé que les règles soient discutées avant l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris, c'est-à-dire jusqu'en 2020.

Cela donne à la conférence une "dynamique négative", selon le chef de la délégation helvétique. Pour les pays industrialisés, ce serait un abus de confiance si les accords précédents étaient ignorés et si de nouvelles demandes étaient faites, juge-t-il. M. Perez s'inquiète de nouveaux blocages à Bonn et met en garde contre "l'illusion" d'efforts supplémentaires faits l'an prochain dans la lutte contre le changement climatique d'ici 2020.

Le responsable de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) plaide encore pour un engagement clair de la partie ministérielle de la conférence de Bonn à l'Accord de Paris. "Ce sera important", insiste M. Perrez. Réponse la semaine prochaine. La présidente de la Confédération Doris Leuthard représentera officiellement la Suisse.

"Opportunité manquée"

Alliance Sud, la communauté de travail des oeuvres d'entraide suisses, dénonce elle un manque de décisions de confiance dans les discussions de Bonn. L'ONG helvétique souhaiterait des signaux positifs pour les pays les plus pauvres, comme une décision historique sur le Fonds d'adaptation (FA) pour des projets de prévention dans des pays souffrant du changement climatique.

"Bonn aurait dû parler plus concrètement de la question de l'indemnisation des pertes et des dommages dus au changement climatique. Cela aurait renforcé la confiance des pays en développement envers les pays industrialisés, dit à l'ats Jürg Staudenmann d'Alliance Sud.

La présidence fidjienne, dont les ONG attendaient beaucoup, est jusqu'ici "décevante". Les Fidji ne sont pas en mesure d'exercer la pression nécessaire sur les pays industrialisés. Sa présidence est une "opportunité manquée", selon Alliance Sud.

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