Bilan

La croissance suisse en stagnation douce

La croissance du produit intérieur brut (PIB) Suisse devrait rester confinée dans une fourchette entre 0,5% et 1% jusqu'en 2017, selon Lombard Odier.

Avec une croissance de 1% maximum, la Suisse aura dû mal à éviter une nouvelle montée du chômage en 2016, selon l'économiste.

Crédits: AFP

La croissance du produit intérieur brut (PIB) Suisse devrait rester confinée dans une fourchette entre 0,5% et 1% jusqu'en 2017, selon Lombard Odier. La situation actuelle de l'économie helvétique est qualifiée de "stagnation douce" par le chef économiste Samy Chaar. Dans ses conseils d'investissement, la banque genevoise note que la dette souveraine des pays émergents en monnaie locale propose des rendements séduisants.

Pour M. Chaar, deux facteurs valident le scénario de la stagnation douce, à savoir le non engagement de la Confédération en matière fiscale et l'assèchement du crédit par les banques commerciales. "Si vous pensez que l'économie suisse va repartir, il faut m'expliquer par quel pan", a-t-il lancé mardi lors d'une conférence de presse à Lausanne.

Sur le premier point, l'économiste n'est pas tendre avec les autorités helvétiques : "Il existe très peu de projets d'infrastructure et de soutien aux exportations dans un contexte où le franc va rester cher". Samy Chaar place la paire EUR/CHF durablement à 1,10 en moyenne, avec une fourchette de fluctuation entre 1,05 et 1,15 CHF.

L'économiste va encore plus loin accusant la Confédération de "mauvaise gestion de la balance du paiement du pays". Il constate une inadéquation flagrante entre la capacité de financement de l'économie suisse, très élevée, et la balance budgétaire publique, à l'équilibre.

Les pouvoirs publics devraient injecter des liquidités pour relancer la machine, explique M. Chaar qui plaide, comme l'année dernière, en faveur de l'abandon de l'"orthodoxie budgétaire".

L'insuffisance du crédit bancaire est imputable à l'inflation réglementaire, aux mesures macroprudentielles de la Banque nationale suisse (BNS) et à la courbe des taux.

Nouvelle hausse du chômage

Avec une croissance de 1% maximum, la Suisse aura dû mal à éviter une nouvelle montée du chômage en 2016, selon l'économiste.

Plus globalement, Samy Chaar se montre plutôt optimiste. La croissance mondiale ne s'est pas effondrée, selon lui. Elle s'est révélée modeste mais stable. Les causes de la faiblesse conjoncturelle s'appellent baisse de la démographie, problèmes de productivité, défaut d'innovation et excès de capacité dans certains pays, comme la Chine.

La crise financière de 2008 a sonné le glas de la réalité économique qui prévalait depuis la Seconde guerre mondiale. "La croissance est moins erratique, plus stable", analyse le chef économiste.

A court terme, la Chine devrait rester dans les clous, sans toutefois exclure une crise d'ampleur dans quelques années. Le cours du pétrole devrait quant à lui se stabiliser à 50 USD par baril. Enfin, les économies américaines et européennes incitent à la confiance, prédit Lombard Odier.

Pour M. Chaar, une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne - un "Brexit" - s'avérerait dommageable avant tout pour le premier nommé, qui resterait dépendant vis-à-vis des ses partenaires européens sans pouvoir infléchir la politique communautaire.

En termes d'investissements, Lombard Odier estime que la dette souveraine des pays émergents redevient intéressante, après avoir été "massacrée" ces dernières années. "Vous avez dans le monde émergent des devises qui sont sous-évaluées de 20 à 40% et qui vous donnent un rendement réel qui est parfois de 6%", assure Samy Chaar.

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