Bilan

La croissance de la Suisse devrait rester "équilibrée", sauf Brexit

L'économie helvétique bénéficie de la reprise en zone euro, dans un contexte de taux bas. Un Brexit pourrait toutefois chambouler cette dynamique en renforçant le statut de refuge du franc.

La Suisse connaît actuellement une phase de croissance "plutôt équilibrée" et devrait poursuivre sur cette lancée. Le pronostic est conditionné au maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE.

Crédits: Keystone

La Suisse connaît actuellement une phase de croissance "plutôt équilibrée" et devrait poursuivre sur cette lancée. L'économie helvétique bénéficie de la reprise en zone euro, dans un contexte de taux bas favorisant la demande domestique et de faible chômage, a indiqué mardi Adrien Pichoud, chef économiste du groupe Syz. Un Brexit pourrait toutefois chambouler cette dynamique en renforçant le statut de refuge du franc.

Pour 2016 et 2017, M. Pichoud s'accorde avec les prévisions du Fonds monétaire international, qui table une progression du PIB suisse de respectivement 1,2% et 1,5%. L'industrie et les entreprises exportatrices continuent à souffrir du "choc du franc". Celui-ci peut toutefois être considéré comme surmonté au niveau de l'économie helvétique en agrégé, analyse le chef économiste du groupe genevois.

La consommation résiste, l'immobilier a moins d'influence que par le passé et le secteur exportateur a retrouvé des couleurs grâce à l'amélioration conjoncturelle en zone euro. "L'accélération graduelle (de l'économie suisse) me paraît tout à fait cohérente", a résumé le spécialiste lors d'un conférence médias à Genève.

Ce pronostic est toutefois conditionné au maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne (UE), après le référendum du 23 juin. "Le risque pour la Suisse - le seul et non négligeable - c'est le franc", selon M. Pichoud, évoquant une possibilité de pressions à la hausse sur la monnaie helvétique. La Banque nationale suisse (BNS) dispose "de moins de munitions" que lors de l'introduction du taux plancher EUR/CHF en 2011.

Abaissement des taux possible

Cette paire de devises pourrait ainsi flirter avec la parité suite à un Brexit, affirme le chef économiste. Ce dernier estime que la BNS défendra coûte que coûte ce niveau, dans un premier temps via des interventions sur le marché des changes. Un abaissement supplémentaire des taux n'est toutefois pas exclu, notamment en cas de nouvel assouplissement de la politique monétaire par la Banque centrale européenne (BCE).

A l'échelle de l'Europe, le Brexit créerait de fortes incertitudes et reviendrait à "ouvrir la boîte de Pandore" au sein de l'UE et de la zone euro. M. Pichoud craint une montée des mouvements eurosceptiques lors des prochaines échéances en Espagne et en Italie, à court terme, mais également en vue des élections générales en Allemagne et en France de 2017.

Le groupe Syz table par ailleurs sur une croissance mondiale "molle" mais positive. "L'économie vole juste au-dessus du point de décrochage", image le chef économiste. La moindre turbulence pourrait entraîner un dérapage ou, pour le mois, réveiller les inquiétudes. Le socle de demande domestique est "résilient" mais la quasi absence d'investissements empêche toute sortie de cette dynamique indolente.

Dans ce contexte incertain, l'établissement genevois se montre prudent dans ses conseils d'investissement. Il affiche une légère préférence pour les actions américaines, suisses, allemandes, italiennes, françaises, de l'Espagne, du Japon, de l'Australie et des émergents asiatiques. Au niveau obligataire, il penche en faveur des crédits à haut rendement et des taux fixe des pays émergents en devise forte.

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