Bilan

La croissance de l'activité privée accélère en zone euro

Ceci notamment grâce à l'Allemagne et malgré le ralentissement observé en France. Mais les signes encourageants ne doivent pas masquer des incertitudes.

La progression mensuelle observée en août est meilleure qu'attendu par les économistes et c'est la 26e consécutive, avec une croissance qui affiche "l'un des plus forts taux depuis quatre ans", souligne Markit.

Crédits: AFP

La croissance de l'activité privée a accéléré en août dans la zone euro, notamment grâce à l'Allemagne et malgré le ralentissement observé en France, a indiqué vendredi le cabinet privé Markit, mais les signes encourageants ne doivent pas masquer des incertitudes, notamment concernant la Grèce, selon les économistes.

L'indice PMI composite s'est élevé à 54,1 en août contre 53,9 en juillet, selon une première estimation publiée vendredi par Markit.

Lorsqu'il est supérieur à 50 points, cela signifie que l'activité progresse, tandis qu'elle se replie s'il est inférieur à ce seuil.

La progression mensuelle observée en août est meilleure qu'attendu par les économistes et c'est la 26e consécutive, avec une croissance qui affiche "l'un des plus forts taux depuis quatre ans", souligne Markit.

Au niveau de la zone euro, l'accélération de la croissance est entièrement due au secteur des services (indice à 54,3 contre 54,0 en juillet), alors que celui de l'industrie manufacturière est resté inchangé à 52,4.

La progression de l'indice composite est "conforme à une hausse trimestrielle du PIB de 0,4%, soit très légèrement au-dessus de la croissance de 0,3% enregistrée au deuxième trimestre", selon Rob Dobson, économiste à Markit.

L'expansion de l'économie de la zone euro "reflète une croissance de l'activité en Allemagne et dans les autres pays couverts, hormis la France", poursuit-il.

"Une fois de plus, il y a une différence notable entre l'Allemagne et la France", note de son côté Jennifer McKeown, de Capital Economics. Pour la France, Markit a publié vendredi un indice de 51,3 après 51,5 en juillet. En Allemagne, il est à 54,0 contre 53,7 en juillet.

Autre particularité française: l'emploi. Alors que partout ailleurs on enregistre une hausse des effectifs, notamment dans les pays de la périphérie de la zone euro qui ont des taux de chômage élevés, en France au contraire on fait le constat "décevant" de "nouvelles suppressions de postes" en août, note Rob Dobson.

"Absorber le choc de la crise grecque"

De manière générale cependant, "la zone de la monnaie unique continue de traverser l'une de ses meilleures périodes d'expansion économique et d'amélioration du marché de l'emploi", souligne-t-il.

Optimiste également, Teunis Brosens d'ING énumère les signes encourageants: "les entreprises font état de nouvelles commandes et de travail en retard qui s'accumule, ce qui augure bien de l'activité dans les prochains mois. De plus, elles continuent d'embaucher et paient des salaires plus élevés, deux facteurs qui devraient renforcer la demande interne dans la zone euro".

Pour Rob Dobson, cela souligne "la capacité de la zone euro à absorber le choc de la crise grecque et des remous qu'elle a créés le mois dernier".

Mais Jennifer McKeown se veut prudente. "Nous anticipons un ralentissement de la croissance de la zone euro dans les prochains mois, lorsque s'atténueront les effets positifs de la faiblesse de l'inflation et de celle de l'euro, surtout si de nouvelles incertitudes concernant les élections grecques ont un effet négatif sur la confiance".

Malgré son optimisme, Teunis Brosens reconnaît lui aussi que "des incertitudes demeurent. Le ralentissement de l'économie chinoise en particulier est une source de préoccupation. Et l'annonce d'élections anticipées par le Premier ministre grec Alexis Tsipras montre que même au sein de la zone euro, les surprises et les incertitudes ne sont jamais loin".

M. Tsipras a annoncé jeudi soir sa démission et l'organisation de législatives anticipées, vraisemblablement en septembre, après avoir perdu sa majorité parlementaire lors d'un vote au Parlement sur le nouveau plan de sauvetage du pays par l'Europe, d'un montant de 86 milliards d'euros sur trois ans.

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