Bilan

La Chine ne pourra empêcher seule les remous du Brexit

Face aux répercussions du Brexit pour l'Europe et l'économie mondiale, le monde ne doit pas se reposer uniquement sur les efforts de relance de Pékin, a prévenu Li Keqiang.

"Il est impossible pour nous de porter le fardeau du monde entier sur nos épaules", a insisté le Premier ministre chinois.

Crédits: AFP

La Chine à elle seule ne pourra pas empêcher les turbulences liées au Brexit de déstabiliser l'économie mondiale et d'entraîner un ralentissement de la croissance planétaire, a prévenu vendredi son Premier ministre, avant une réunion des grands argentiers du G20 dans le pays.

Face aux répercussions pour l'Europe et l'économie mondiale de la décision du Royaume-Uni de sortir de l'Union européenne, le monde ne doit pas se reposer uniquement sur les efforts de relance de Pékin, a prévenu Li Keqiang.

Et ce même si la deuxième puissance économique mondiale demeure l'un des moteurs principaux de la croissance du globe.

"Il est impossible pour nous de porter le fardeau du monde entier sur nos épaules", a insisté le Premier ministre, à l'issue d'une rencontre à Pékin avec les dirigeants de six institutions multilatérales, dont la Banque mondiale.

Cette réunion intervenait alors que les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales des vingt puissances du G20 se réunissent samedi et dimanche à Chengdu, la capitale du Sichuan (sud-ouest).

Si les conditions de la sortie du Royaume-Uni de l'UE ne figurent pas officiellement à l'agenda, le Brexit devrait bien être abordé dans les discussions, comme l'on confirmé des sources diplomatiques.

Même en l'absence de prise de position formelle du G20, les responsables réunis à Chengdu s'efforceront d'envoyer "un signal de stabilité et de fiabilité" pour rassurer investisseurs et marchés, a appris l'AFP de source ministérielle allemande.

Une précédente réunion des ministres des Finances du G20, en février à Shanghai, avait été hantée par les inquiétudes sur une conjoncture chinoise morose et la dépréciation accélérée du yuan.

Depuis, la Chine a voulu rassurer tous azimuts, musclant ses mesures de relance -avec pour effet une stabilisation de sa croissance- et modérant ses interventions sur le marché des changes.

"Etant donné les fluctuations résultant de la décision du Brexit, la Chine va intensifier ses réformes de son système de changes" pour le mettre en phase "avec le marché", a martelé Li Keqiang vendredi.

"Nous ne nous engagerons dans aucune guerre commerciale ou guerre de devises", a-t-il ajouté.

Pour autant, la banque centrale chinoise a régulièrement fixé ces dernières semaines à des plus bas niveaux depuis 2011 le taux-pivot autour duquel le renminbi (autre nom du yuan) est autorisé à fluctuer face au dollar.

Le yuan avait fait l'objet d'une soudaine dépréciation d'environ 5% en août, puis d'une nouvelle forte baisse début janvier, décisions largement perçues comme des dévaluations compétitives destinées à doper les exportations chinoises.
Pour sa part, Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale, a salué vendredi l'engagement de Pékin envers "la coopération internationale (...) à une époque où il existe en Occident un large rejet de la mondialisation et du multilatéralisme".

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