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La Chine injecte 62 milliards d'euros de plus dans l'économie

La banque centrale chinoise a injecté 62 milliards d'euros dans le système financier, pour répondre aux besoins accrus de liquidités avant les congés du Nouvel an lunaire.

La PBOC a déjà inondé les établissements bancaires de liquidités la semaine dernière, avec des injections de plus de 1.300 milliards de yuans au total, via des accords de refinancement et divers outils de crédit.

Crédits: Reuters

La banque centrale chinoise (PBOC) a injecté mardi 440 milliards de yuans supplémentaires (62 milliards d'euros) dans le système financier, pour répondre aux besoins accrus de liquidités avant les congés du Nouvel an lunaire et éviter ainsi un grippage de l'économie.

La demande d'argent liquide explose habituellement dans le pays juste avant le Nouvel an chinois (l'année du Singe commencera début février): les entreprises versent alors salaires et primes annuelles aux employés, et les Chinois s'échangent entre eux cadeaux et "enveloppes rouges" d'étrennes.

Soucieuse de satisfaire ce pic soudain des besoins d'argent frais, la PBOC a annoncé avoir injecté mardi dans le système bancaire 440 milliards de yuans au travers d'accords de rachats (repo) à sept jours et à 28 jours. Selon l'agence Bloomberg, il s'agit de la plus forte injection en un jour réalisée par l'institution depuis 2013.

La PBOC a déjà inondé les établissements bancaires de liquidités la semaine dernière, avec des injections de plus de 1.300 milliards de yuans au total, via des accords de refinancement et divers outils de crédit.

"C'est une pratique ordinaire à ce moment de l'année. Si la PBOC n'intervenait pas, la demande accrue de cash avant les congés du Nouvel an restreindrait la liquidité disponible et provoquerait une envolée des taux interbancaires", expliquaient les analystes de Capital Economics.

De fait, les craintes sur un assèchement de la liquidité peuvent rendre les banques plus réticentes à se séparer des fonds qu'elles possèdent, et provoquer du coup une forte montée des taux interbancaires --les taux auxquels les établissements financiers se prêtent de l'argent entre eux.

Cela entraîne par contrecoup un renchérissement général du crédit propre à pénaliser les entreprises et l'économie réelle --ce que la PBOC veut à tout prix éviter en plein essoufflement de l'activité.

Pour autant, au-delà de "ces injections de liquidités de court terme via des opérations de marché ouvertes et autres outils monétaires", la banque centrale n'aura pas d'autre choix que d'intensifier les mesures d'assouplissement, estimaient les experts de la banque ANZ.

Pour stimuler une activité économique en berne, la PBOC a abaissé ses taux directeurs par six fois depuis fin 2014, réduisant par ailleurs à maintes reprises les ratios de réserves obligatoires imposés aux banques, pour les inciter à prêter davantage.

La banque Nomura anticipe désormais deux nouvelles baisses des taux d'intérêt et quatre réductions supplémentaires des ratios de réserves obligatoires d'ici à fin 2016.

Outre la nécessité de soutenir l'économie, la PBOC doit en effet s'employer à contrecarrer l'impact négatif des fuites de capitaux hors de Chine, toujours plus importantes.

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