Bilan

La Chaux-de-Fonds, une mue spectaculaire

D’ambitieux projets doivent renforcer l’attrait de la métropole horlogère neuchâteloise. A la clé, un nouveau cœur urbain qui a pris place devant la gare.
  • Vue du ciel, la place de la Gare avec un premier abri métallique, la gare routière, et au fond le nouveau quartier Le Corbusier qui a pris place sur d’anciennes friches industrielles.

    Crédits: Guillaume Perret/lundi13/
  • Le nouveau quartier Le Corbusier héberge des activités mixtes, avec du logement, des appartements protégés, des bureaux administratifs et des affectations sociales.

     

    Crédits: Guillaume Perret/lundi13/

«Une quantité de nouveaux projets sont en cours à La Chaux-de-Fonds. Le paysage urbain se modernise avec l’aménagement des friches industrielles. A la base de ce dynamisme, il y a l’attachement des habitants à leur cité. Les Chaux-de-Fonniers veulent faire bouger la ville.»

Promoteur immobilier, Raffaello Radicchi est une figure de la métropole horlogère. Avec sa holding Insulæ, il figure parmi les plus importants investisseurs impliqués dans la métamorphose de la deuxième ville du canton de Neuchâtel. Ce professionnel du bâtiment reprend : «Les nouveaux aménagements vont renforcer l’attractivité de la région. Les opportunités sont vraiment intéressantes. Le prix du terrain est deux fois moins élevé que sur l’arc lémanique, avec le mètre carré en PPE à quelque 4500 francs. Les loyers sont également deux fois moins chers.»

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«La Chaux-de-Fonds se trouve à un moment charnière de son développement, renchérit Théo Huguenin-Elie, président et municipal chargé de l’Urbanisme. Les flux de circulation vont se réorganiser autour d’un nouveau centre formé par la place de la Gare et le nouveau quartier Le Corbusier.» Tandis que le plan urbain horloger a été inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco en 2009, la ville manufacture doit conserver son authenticité sans pour autant devenir une ville-musée. Les transformations sont visibles dès la sortie de la gare. La place s’ouvre largement en direction de l’avenue Léopold-Robert, «Le Pod» comme l’appellent les habitants. La gare routière a pris ses quartiers sur la partie ouest tandis qu’à l’est d’élégants abris métalliques protègent du soleil comme de la pluie et invitent le visiteur à la flânerie. 

Par rapport aux plans finaux, le remaniement n’en est encore qu’à mi-chemin. «La place de la Gare va accueillir un nouvel hôtel judiciaire qui doit se profiler comme un jalon architectural», poursuit Théo Huguenin-Elie, également député au Grand Conseil neuchâtelois. Financé par le canton de Neuchâtel, le bâtiment regroupera le tribunal d’instance, le ministère public et le secrétariat général des autorités judiciaires.

Il se situera sur le front ouest de la place de la Gare. Au terme d’un concours qui a réuni 56 projets, le jury a choisi à l’unanimité «Piano Nobile» du bureau zurichois Isler Gysel Architekten. Entièrement vitré, le bâtiment rectangulaire s’inscrira dans le plan en damier caractéristique de La Chaux-de-Fonds. L’ensemble, dont la mise en service est prévue pour 2020, comprendra un parking souterrain de 120 places, dont la moitié sera à disposition du public. 

Priorité à la mixité sociale

Derrière le nouvel hôtel judiciaire commence le quartier Le Corbusier. «La mixité sociale est primordiale à nos yeux. Dans ces bâtiments, nous aurons des logements protégés pour personnes âgées, des propriétés par étage (PPE), des logements locatifs à bas prix gérés par une coopérative, une crèche et des locaux commerciaux», détaille Philippe Carrard, urbaniste communal. Le site doit aussi accueillir des activités administratives, dont l’Office cantonal de l’assurance invalidité (OAINE), qui y a déjà pris ses quartiers.

Avec ses 39 000 habitants, La Chaux-de-Fonds se place troisième ville de Suisse romande, derrière Genève et Lausanne (si l’on exclut Bienne du classement). «La commune joue un rôle de pôle économique pour un bassin qui comprend les Franches-Montagnes, le Val-de-Ruz et le vallon de Saint-Imier. Au total, nos infrastructures sont sollicitées par quelque 70 000 personnes», souligne Yanick Stauffer, porte-parole du Département d’urbanisme. Un projet qui doit consolider ce rôle régional est celui de la revitalisation d’un centre commercial Coop aujourd’hui fermé. Des investisseurs genevois supervisent la construction de 70 logements, auxquels s’ajoutent des commerces et un parking souterrain de 165 places.

Le projet immobilier le plus spectaculaire reste celui de la transformation des Grands-Moulins en appartements et commerces, orchestrée par Raffaello Radicchi. Grâce à cette réhabilitation, l’édifice ancré dans le paysage chaux-de-fonnier pourra être conservé. Le vieux moulin à l’ouest du site a été édifié en 1897.

«Les lofts seront de forme circulaire, avec des fenêtres percées dans les parois du silo. Il y aura 31 appartements au total qui hébergeront sans doute surtout de jeunes habitants», dévoile Raffaello Radicchi. L’appartement le plus haut culminera à 40 mètres du sol, offrant la vue sur toute la ville. Un restaurant et des salles de réunion vitrées sont planifiés au niveau de la cour, devant les silos. A l’abandon depuis les années 1990, les Grands-Moulins ont figuré parmi les plus grandes installations de ce type en Suisse. 

La Ville, qui s’engage en faveur des projets privés par le biais de ses décisions administratives sur les plans de zone et de quartier, a en outre acquis 18 000 m2 de friche à l’ex-scierie des Eplatures. Dans le rôle d’investisseur et de cheville ouvrière, encore Raffaello Radicchi qui compte y installer un «business center»: «Une douzaine d’entreprises sont d’ores et déjà intéressées par ces locaux.» 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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