Bilan

La BNS maintient sa politique monétaire

Le taux d'intérêt appliqué aux avoirs en comptes de virement reste inchangé à -0,75%. Le président de l'institut d'émission se dit "prudemment optimiste" pour l'évolution de la conjoncture.

Le taux d'intérêt appliqué aux avoirs en comptes de virement reste inchangé à -0,75%, et la fourchette de fluctuation du Libor à trois mois en francs est maintenue entre -1,25 et -0,25%.

Crédits: Keystone

La Banque nationale suisse (BNS) a décidé jeudi de maintenir le statu quo en termes de politique monétaire, conformément aux attentes des spécialistes. Le taux d'intérêt appliqué aux avoirs en comptes de virement reste inchangé à -0,75%, et la fourchette de fluctuation du Libor à trois mois en francs est maintenue entre -1,25 et -0,25%. Le président de l'institut d'émission se dit "prudemment optimiste" pour l'évolution de la conjoncture, mais n'exclut pas une nouvelle baisse des taux d'intérêts.

Malgré un léger fléchissement, le franc continue d'être "nettement surévalué", estime la BNS. Dans son exposé, le patron de la BNS a par ailleurs réaffirmé les piliers de sa politique monétaire, à savoir le taux d'intérêt négatif et l'intervention sur le marché des changes, avec lesquels il entend rendre les placements en francs moins attrayants, et partant soutenir l'activité économique.

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Sur la question d'une nouvelle baisse des taux, le directoire n'a pas souhaité s'exprimer face aux médias, pas plus d'ailleurs que sur la politique monétaire américaine ou européenne. "Nous ne nous exprimons pas à propos de nos discussions", a affirmé son chef, laissant toutefois entendre qu'une nouvelle baisse n'était "pas exclue".

Embellie en vue pour la Suisse

La reprise de la demande, ainsi que les mesures prises par les entreprises pour juguler leurs coûts devraient contribuer à atténuer la pression sur les marges durant les prochains mois, estime M. Jordan, qui dit tabler sur un "redressement progressif de l'économie", avec une croissance réelle de 1% en 2015 et de 1,5% en 2016.

La BNS table pour l'année en cours sur une inflation à -1,1%, soit 0,1 point de mieux que lors du dernier pointage. Pour l'année prochaine, le renchérissement est désormais attendu à 0,3%, au lieu de 0,4% auparavant. Son patron a toutefois insisté sur le fait qu'on avait à faire à une contraction de l'inflation, et non à une déflation.

M. Jordan a insisté sur le fait que deux des principaux obstacles que doit affronter l'économie helvétique, le franc fort et la chute des prix du pétrole, sont de nature passagère.

Au chapitre des risques, il évoque le poids de la Chine sur la conjoncture et les investissements à l'échelle mondiale, ainsi que les "faiblesses structurelles de l'Europe". A cela s'ajoutent des préoccupations en termes de sécurité publique, susceptibles d'entraver l'activité économique.

Regain de confiance des investisseurs

La disposition des investisseurs à prendre des risques a augmenté à partir de fin septembre, après les turbulences qui avaient secoué les marchés boursiers à la fin de l'été.

"Les données positives relatives à la conjoncture aux Etats-Unis et dans la zone euro ont contribué à ce regain de confiance", a affirmé la numéro trois de la Banque nationale suisse (BNS), Andréa Maechler, dans son exposé sur l'évolution des marchés financiers.

Le marché des changes a été affecté par la divergence croissante entre les politiques monétaires menées en zone euro et aux Etats-Unis. Alors que le dollar US s'est apprécié de 4,5% depuis le milieu de l'année, l'euro a subi des pressions à la baisse, même s'il s'est quelque peu raffermi la semaine dernière.

Mme Maechler a également signalé que l'institut avait diversifié ses placements en y intégrant des investissements en obligations d'Etat chinoises et en actions des marchés émergents, une stratégie qui s'explique notamment par le volume élevé des réserves de devises, qui dépassent les 570 mrd CHF.

Mesures fédérales saluées

Le vice-président Fritz Zurbrügg a pour sa part salué les nouvelles mesures du Conseil fédéral pour les établissements présentant un risque systémique ("too big to fail"). Il a également indiqué que le volant anticyclique de fonds propres, destiné à réduire les risques sur les marchés hypothécaire et immobilier, semble porter ses fruits.

M. Zurbrügg a reconnu les efforts des deux leaders du secteur bancaire pour améliorer leur situation en termes de fonds propres, non sans souligner que des progrès doivent encore être accomplis au sujet du ratio de levier. "Les décisions économiques devraient être guidées par les exigences de fonds pondérés en fonction des risques. Le ratio de levier, quant à lui, constitue un filet de sécurité" a-t-il déclaré.

Le monde financier n'a pas semblé s'émouvoir du statu quo de la banque centrale, auquel il s'attendait. "La BNS ne voit actuellement pas la nécessité de serrer la vis au niveau des taux", a résumé un courtier.

"Cette attitude attentiste est fort judicieuse à quelques jours de la séance du Comité de politique monétaire (FOMC) de la banque centrale américaine, qui va probablement éclipser toute autre action", a-t-il ajouté.

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