Bilan

La BNS maintient sa politique monétaire

La Banque nationale suisse (BNS) a décidé jeudi de conserver le cap de sa politique monétaire. Elle maintient aussi le cours plancher d'un 1,20 franc pour un euro, en rappelant que la devise helvétique évolue toujours à un niveau élevé.
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La Banque nationale suisse (BNS) ne baisse pas la garde, malgré les signes d’une amélioration de la conjoncture mondiale. L’institut d’émission laisse son principal taux directeur inchangé tout comme le cours plancher de 1,20 franc pour un euro. Il s’attend à une croissance du PIB helvétique d’environ 2% l’an prochain.

Le franc demeure à un niveau élevé et il devrait s’y maintenir, a affirmé le président de la BNS Thomas Jordan jeudi devant la presse à Berne. Si nécessaire, «nous sommes prêts à acheter des devises en quantité illimitée afin de faire prévaloir le cours plancher et à prendre des mesures supplémentaires», a-t-il ajouté.

Cet instrument est adéquat pour garantir un cadre monétaire approprié à la Suisse. Depuis septembre 2012, la BNS n’a cependant plus eu besoin d’acheter des devises étrangères, selon Thomas Jordan.

Pas de risque inflationniste

La Banque nationale laisse également inchangé son principal taux directeur, le Libor, dans une marge de fluctuation comprise entre 0,00% et 0,25%. Ces décisions étaient toutes anticipées par les observateurs et n’ont eu que peu d’incidence sur l’évolution des marchés.

La poursuite de la politique de taux zéro, en vigueur depuis quatre ans environ, se justifie par la stabilité des prix. «Il n’y a actuellement aucun signe laissant penser que l’inflation augmentera», a estimé Thomas Jordan. De plus, les capacités de production de l’économie ne sont toujours pas pleinement utilisées, ce qui évite une soudaine poussée des prix, selon lui.

La BNS a toutefois légèrement corrigé à la baisse sa prévision. Selon sa dernière appréciation, l’inflation devrait se situer à -0,2% cette année, à +0,2% en 2014 et à +0,6% en 2015, soit 0,1 point de moins que lors de la précédente prévision il y a trois mois.

En revanche, l’institut d’émission confirme ses attentes de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour 2013, avec un taux compris entre 1,5 et 2%. Malgré la fragilité de la conjoncture mondiale, les risques sont à la baisse en Suisse, a remarqué Thomas Jordan. Pour l’an prochain, la BNS prévoit environ 2% de croissance, en ligne avec les instituts de prévisions.

L’immobilier inquiète

La situation des marchés immobilier et hypothécaire reste l’une des principales inquiétudes de la banque centrale. La croissance des prêts pour l’immobilier résidentiel apparaît toujours très supérieure à celle du PIB et les déséquilibres s’accentuent. Une tendance à une légère baisse se fait certes jour dans certaines régions. Mais, dans l’ensemble, la dynamique du marché hypothécaire reste trop forte, a résumé Jean-Pierre Danthine, vice-président de l’institut d’émission monétaire. Le volant anticyclique introduit par le Conseil fédéral, à son instigation, devrait renforcer la «résilience» des banques et endiguer les déséquilibres.

Secteur bancaire difficile

L’environnement bancaire en Suisse reste en outre difficile, même si la situation des deux grandes banques en matière de fonds propres s’est améliorée au cours des six derniers mois. UBS et Credit Suisse peuvent faire mieux en ce qui concerne les ratios de fonds propres non pondérés, a remarqué Jean-Pierre Danthine.

La «priorité absolue» reste une application «rigoureuse et rapide» de la réglementation «too big to fail» (trop grand pour faire faillite) pour UBS et Credit Suisse, a-t-il poursuivi. L’objectif vise à la fois à renforcer la crédibilité et à arrêter des dispositions garantissant, si nécessaire, la liquidation ordonnée des grands établissements bancaires en cas de crise. La BNS participe aussi à la réforme des taux d’intérêt de référence, engagée depuis la révélation des manipulations du Libor l’an dernier. Son objectif est d’améliorer le système actuel ou d’en créer un nouveau, a rappelé Fritz Zurbrügg, troisième membre du directoire. Des efforts pour réglementer les taux de référence ont lieu au niveau international et suisse
Jean-Claude Meier

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