Bilan

La BNS dresse le bilan de sa politique monétaire en 2015

La BNS estime que le taux d'intérêt négatif et diverses interventions ont permis d'amortir une pression haussière. Elle ne table pas sur une poursuite de l'inflation négative.

D'après les prévisions de la BNS, l'inflation moyenne en Suisse devrait tomber à son niveau le plus bas au quatrième trimestre 2015.

Crédits: Keystone

Depuis la suppression du cours plancher le 15 janvier 2015, la politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS) repose sur deux piliers: le taux d'intérêt négatif et la disposition de la banque à intervenir au besoin sur le marché des changes. La BNS estime que le taux d'intérêt négatif et diverses interventions ont permis d'amortir une pression haussière. Elle ne table pas sur une poursuite de l'inflation négative.

"La BNS évolue dans un contexte inhabituel et fait appel si nécessaire à des moyens exceptionnels", a expliqué Dewet Moser, membre suppléant de la direction générale de la BNS, lors d'une allocution en ouverture de l'apéritif "Marché monétaire" qui s'est déroulé ce jeudi à Genève.

Le taux d'intérêt négatif fonctionne "remarquablement bien", poursuit Andréa Maechler, membre de la direction générale de la BNS. Prélevé sur les avoirs en comptes de virement détenus à la BNS par les banques et d'autres opérateurs sur les marchés financiers, cet instrument a été "rendu nécessaire par les taux d'intérêt extraordinairement bas et la fragilité de l'environnement international actuel". Cette mesure a permis à la BNS de rétablir l'écart qui existe traditionnellement entre les taux suisses et les taux étrangers.

Le taux d'intérêt négatif a toutefois entraîné un recul des taux sur le marché monétaire et le marché des capitaux, mais les taux hypothécaires ont fléchi dans une proportion moindre, ajoute Mme Maechler. Pour les prêts à long terme, ils ont même légèrement augmenté par rapport au début de l'année. Elle estime par conséquent que la crainte que le taux négatif puisse contribuer à accroître les déséquilibres sur le marché hypothécaire s'avère "pour l'instant infondée".

Dans le contexte difficile qui prédomine depuis 2009, l'économie suisse s'est d'ailleurs montrée "étonnamment résiliente", poursuit Mme Maechler. Elle admet toutefois que les mesures visant à maintenir la compétitivité des entreprises réclament de celles-ci et de leurs collaborateurs des "adaptations parfois douloureuses".

Les deux piliers, la disposition de la BNS à intervenir au besoin sur le marché des changes et le taux d'intérêt négatif, permettent de contrer la pression à la hausse sur le franc, de l'avis de la BNS. Elle estime qu'au niveau actuel "celui-ci reste nettement surévalué".

La BNS continue par ailleurs à se réserver le droit d'intervenir sur le marché des changes si l'accroissement des incertitudes et de la volatilité des marchés entraîne un brusque recul de la propension au risque des investisseurs suisses et étrangers, provoquant à son tour une augmentation de la demande de francs. Cela a par exemple été le cas cet été en raison des événements survenus en Grèce.

D'après les prévisions de la BNS, l'inflation moyenne en Suisse devrait tomber à son niveau le plus bas au quatrième trimestre 2015. Etant donné que les deux principaux facteurs en jeu, à savoir la forte appréciation du franc et le recul des cours du pétrole, sont de nature temporaire, ils ne constituent pas une menace pour la stabilité à moyen terme des prix en Suisse. Il n'y a donc pas lieu de s'attendre à une inflation négative durable, ni à une spirale déflationniste, conclut la banque.

La BNS organise un apéritif "Marché monétaire" à Genève depuis 2005.

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