Bilan

La BNS continue de tabler sur un affaiblissement du franc

Les taux d'intérêt négatifs et le fait que la BNS est prête à intervenir sur le marché des devises devraient avec le temps y contribuer.

Le président de la BNS Thomas Jordan ne voit actuellement "aucune nécessité" de modifier la politique monétaire de la banque nationale suisse.

Crédits: Keystone

La Banque nationale suisse (BNS) maintient sa politique monétaire inchangée, malgré le ralentissement économique et la surévaluation persistante du franc. "Nous ne voyons actuellement aucune nécessité de la modifier", a déclaré le président de la BNS Thomas Jordan dans un entretien accordé au journal "UnternehmerZeitung".

Les taux d'intérêt négatifs et le fait que la BNS est prête à intervenir sur le marché des devises "devraient avec le temps contribuer à un affaiblissement du franc", estime Thomas Jordan.

Le président de la BNS ne souhaite pas directement s'exprimer sur un nouveau taux plancher présumé et non déclaré de 1,03 franc pour un euro ou sur la mise en place possible d'un panier de devises: "Comme je le disais, nous sommes prêts si nécessaire à intervenir activement sur le marché des devises. Nous considérons à chaque fois la situation des taux de change dans son ensemble".

L'abolition du taux plancher de l'euro à la mi-janvier a entraîné comme prévu une appréciation excessive du franc. "Depuis, le franc s'est quelque peu affaibli", constate Thomas Jordan. Dans l'ensemble, il reste toutefois encore "nettement surévalué", en particulier vis-à-vis de l'euro.

Le dollar évolue actuellement à son niveau de l'automne 2014. Jeudi après-midi, le billet vert se négociait à 96,50 centimes. Un euro se situait à 1,078 franc. La monnaie unique a brièvement franchi la barre de 1,09 franc à la mi-août, pour la première fois depuis l'abandon du cours plancher de 1,20 franc pour un euro.

La suppression du taux plancher a entraîné un fort ralentissement de l'économie helvétique. "Nous sommes conscients que la situation des taux de change est un défi majeur pour de nombreux entrepreneurs. Malheureusement, la Banque nationale ne peut pas absorber complètement toutes les perturbations de l'extérieur, explique Thomas Jordan.

Le président de la BNS est par ailleurs "très impressionné par la rapidité avec laquelle de nombreuses entreprises ont réagi en prenant des mesures en matière d'approvisionnement, d'augmentation de l'efficience et de l'innovation ou par une diversification accrue".

Thomas Jordan table sur un retour de croissance au second semestre. Pour l'ensemble de l'année, la BNS ne prévoit pas une récession, mais une croissance de près de 1%.

Pour rappel, le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse a diminué de 0,2% au premier trimestre. Le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) doit publier son estimation du PIB au 2e trimestre vendredi prochain. Un nouveau résultat négatif signifierait que la Suisse est entrée en récession.

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