Bilan

La BCE sollicitée pour doper ses rachats de dette

Marchés et experts attendent à nouveau beaucoup de la BCE, dont le conseil des gouverneurs devrait largement se contenter de réitérer sa bonne volonté à agir.

Mais alors que les investisseurs ont les yeux rivés sur la Fed et sur lui, pour M. Draghi "simplement répéter (jeudi) qu'il se tient prêt à agir et qu'il en a les moyens (...) ne suffira plus", croit Christoph Rieger, de Commerzbank.

Crédits: Reuters

A quand la vitesse supérieure des rachats de dette? Marchés et experts attendent à nouveau beaucoup de la BCE, dont le conseil des gouverneurs se réunit jeudi mais devrait largement se contenter de réitérer sa bonne volonté à agir.

Les 25 gouverneurs qui prennent les décisions de politique monétaire pour la zone euro - les 19 gouverneurs de banque centrale des pays du bloc monétaire et les six membres du directoire de la Banque centrale européenne - se retrouvent cette fois-ci à Malte.

Moins d'un an après avoir dégainé, en janvier dernier, le programme de soutien aux prix baptisé "QE" - plus de 1.000 milliards d'euros injectés dans l'économie en 18 mois sous forme de rachats de dette publique et privée - ils sont à nouveau sollicités pour en faire plus.

Le "QE" - pour "quantitative easing", "assouplissement quantitatif" en français - n'arrive pas pour le moment à faire remonter l'inflation vers 2% en glissement annuel ou juste en dessous, le niveau jugé souhaitable par la BCE.

Plusieurs raisons à cela, notamment la faiblesse du prix du pétrole, et la force de l'euro par rapport au dollar, qui fait que la zone euro importe en quelque sorte de la désinflation, sous forme de produits libellés en dollars de moins en moins chers.

- Pro-action contre attentistes -

Après un petit mieux, le bloc monétaire a de nouveau vu les prix reculer en septembre, de 0,1% sur un mois.

Une statistique qui "fait monter la pression sur la BCE pour doper son action" à la réunion de jeudi, estimait Howard Archer, économiste du cabinet IHS. Pour autant le gros des observateurs n'attendent pas encore de changement notoire cette fois.

Mais "si ce n'est pas cette fois-ci, alors sans doute à la réunion de décembre", estime Jennifer McKeown, de Capital Economics.

Ewald Nowotny, gouverneur de la banque d'Autriche, a jeté un pavé dans la mare jeudi en admettant que la BCE était "clairement en train de manquer (son) objectif" d'inflation.

Ben May, d'Oxford Economics, identifie "un camp qui grossit de membres du conseil des gouverneurs en faveur d'une action plus poussée", comme M. Nowotny. Mais le camp des "attentistes" est fourni aussi, avec les Allemands, sceptiques sur la stimulation monétaire à outrance, et les membres du directoire autour de son président Mario Draghi.

Ceux-ci veulent croire que les effets positifs du "QE" se font simplement attendre. Et tout en se disant prêts à le doper - en en gonflant le montant de pour l'instant 60 milliards d'euros par mois, ou en en prolongeant le programme au-delà de septembre 2016 - ils se sont réfugiés dans une attitude de "wait and see", redite cette semaine par plusieurs d'entre eux.

- Ajustements -

"Il est prématuré d'en discuter", a ainsi dit Benoît Coeuré, membre du directoire, à propos de ce que les marchés qualifient déjà de "QE2". "Il nous faut plus de temps", a plaidé son collègue Yves Mersch, notamment pour évaluer les effets du ralentissement de la croissance dans les pays émergents.

Mais alors que les investisseurs ont les yeux rivés sur la Fed et sur lui, pour M. Draghi "simplement répéter (jeudi) qu'il se tient prêt à agir et qu'il en a les moyens (...) ne suffira plus", croit Christoph Rieger, de Commerzbank.

Ulf Krauss, d'Helaba, juge que "connaissant la BCE", il est improbable que le conseil des gouverneurs ne décide rien du tout, ne serait-ce que des ajustements techniques au "QE", comme déjà en septembre.

M. Rieger pense que la nouveauté pourrait résider dans un subtil changement de discours, qui verrait la BCE dire que "toutes les options ont été discutées" par le conseil, replaçant ainsi dans l'univers des possibles une baisse des taux directeurs - pourtant déjà très bas, avec le taux principal, auquel s'oriente le loyer de l'argent en zone euro, à 0,05% depuis septembre 2014.

M. May d'Oxford Economics croit lui que M. Draghi va envoyer "un signal plus clair que le QE va se prolonger au-delà de septembre 2016".

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