Bilan

La BCE n'a encore rien décidé pour mars

Yves Mersch, membre du directoire de la BCE, appelle les investisseurs à ne pas se laisser influencer par le "battage" autour d'éventuelles mesures supplémentaires de soutien.

"Ce n'est pas notre communication qui est biaisée, c'est le battage provoqué à l'heure actuelle par des gens qui ont des intérêts personnels", a ajouté M. Mersch.

Crédits: AFP

La Banque centrale européenne "n'a encore rien décidé pour mars", a expliqué mercredi Yves Mersch, membre de son directoire, en appelant les investisseurs à ne pas se laisser influencer par le "battage" autour d'éventuelles mesures supplémentaires de soutien.

"Il m'arrive de penser que les gens sur les marchés financiers doivent reprendre des leçons d'anglais pour bien nous comprendre lorsque nous disons que rien n'a encore été décidé pour mars", a estimé M. Mersch dans une interview au "Wall Street Journal", le quotidien américain des affaires.

Cette pique est lancée deux semaines après que le président de la BCE Mario Draghi a surpris en martelant que l'institution "n'abandonne pas" face à la faible inflation en zone euro. Il a fait miroiter de nouvelles actions en déclarant qu'il sera "nécessaire de réévaluer et peut-être revoir" la politique monétaire de l'institution lors de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs le 10 mars.

Ce discours volontariste n'était pas attendu, alors que l'Italien avait déjà multiplié les déclarations et provoqué une déception des marchés en décembre. La BCE avait décidé d'étendre son vaste programme de rachats d'actifs de six mois jusqu'en mars 2017, une mesure pas assez musclée au goût des investisseurs.

"Ce n'est pas notre communication qui est biaisée, c'est le battage provoqué à l'heure actuelle par des gens qui ont des intérêts personnels", a ajouté M. Mersch.

De nombreux économistes ont relevé leurs attentes pour la réunion de mars. Beaucoup tablent sur une accélération des achats d'actifs, actuellement plafonnés à 60 milliards d'euros par mois, et sur une nouvelle réduction du taux de dépôt de la BCE. Celui-ci est déjà en territoire négatif, ce qui force les banques à payer pour déposer leurs fonds dans les coffres de la banque centrale.

M. Mersch n'a toutefois pas douché entièrement ces attentes, soulignant plutôt que "toutes les options sont sur la table".

"Si vous regardez ce que nous communiquons, je crois que c'est assez clair. La situation a changé depuis décembre; nous réexaminerons et réévaluerons (nos mesures) et nous pourrons corriger si besoin", a-t-il ajouté.

Lorsqu'elle a décidé d'agir en décembre, la BCE se basait sur ses nouvelles prévisions, qui voyaient le baril de pétrole brut à 58 dollars en moyenne en 2016. Mais la chute de l'or noir en janvier a fait passer son cours sous la barre des 30 dollars. De quoi faire craindre aux économistes un retour de l'inflation en territoire négatif dans les prochains mois, malgré l'amélioration des prix en zone euro en janvier.

"Cela nous met dans une situation inconfortable", a reconnu M. Mersch.

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