Bilan

La BCE divisée sur le degré de surchauffe dans l'économie

La BCE est apparue divisée en mars sur le degré de surchauffe dans l'économie, un élément déterminant pour jauger l'inflation à venir.

La BCE oriente sa politique en fonction de ses attentes d'inflation et non en se basant sur des niveaux de chômage ou de production.

Crédits: afp

La Banque centrale européenne est apparue divisée en mars sur le degré de surchauffe dans l'économie, un élément déterminant pour jauger l'inflation à venir, selon le compte-rendu de sa dernière réunion de politique monétaire publié jeudi.

Les membres du conseil des gouverneurs de l'institution ont estimé qu'il y avait "une incertitude de mesure considérable" dans les estimations d'institutions internationales telles que la Commission européenne et l'OCDE, qui ont suggéré que la sous-utilisation des capacités de production de la zone euro serait "résorbée fin 2017 ou début 2018".

Or, "un certain nombre d'arguments" ont été avancés par des membres du conseil des gouverneurs pour montrer que le degré de "relâchement pourrait rester plus important dans l'économie que ce qui est indiqué" dans les projections, selon le document de la BCE.

De fait, "il pourrait y avoir plus de capacité inutilisée dans l'économie que ce qu'impliquent les mesures traditionnelles", ce qui expliquerait pourquoi l'inflation peine à suivre la croissance élevée, souligne le compte-rendu.

La BCE oriente sa politique monétaire en fonction de ses attentes d'inflation sur le moyen terme - un taux proche de 2% mais inférieur à ce taux - et non en se basant sur des niveaux de chômage ou de production.

Néanmoins, la notion d'écarts dans l'emploi des capacités de production par rapport à une moyenne historique, le "slack" en jargon de banquier central, est devenue ces dernières années un élément récurrent de sa communication, comme un moyen de commenter l'émergence de pressions sur les prix dans l'économie.

"La BCE regarde de très près comment évoluent l'emploi, les investissements, les stocks", note Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet Wealth Management.

Lors de sa réunion de mars, la BCE a jugé la croissance en zone euro assez robuste pour abandonner dans son discours la possibilité de renforcer "si nécessaire" les vastes rachats de dettes pratiqués depuis 2015 pour soutenir l'économie et les prix.

Un geste qui ne "devrait pas être interprété comme limitant la capacité du Conseil des gouverneurs à réagir aux chocs et aux imprévus, si nécessaire", rappelle le compte-rendu.

Les menaces pesant sur l'économie ont à nouveau été discutées, au premier rang desquelles figurent l'évolution des changes et les menaces de guerre commerciale.

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