Bilan

La BCE a discuté du terme de son soutien à l'économie

La BCE, qui a acheté plus de 2.000 milliards d'euros d'obligations sur le marché depuis mars 2015, a discuté de l'opportunité d'une date fixe de fin de son programme de soutien à l'économie.

La BCE se montre ainsi optimiste sur les chances de voir la solide croissance en zone euro ramener l'inflation dans les clous de son mandat.

Crédits: afp

La Banque centrale européenne (BCE) a discuté de l'opportunité d'une date fixe de fin de son programme de soutien à l'économie, selon le compte-rendu de sa dernière réunion de politique monétaire publié jeudi.

Depuis mars 2015, la BCE a acheté plus de 2.000 milliards d'euros d'obligations sur le marché, ce programme baptisé "QE" (Quantitative easing) étant censé in fine diffuser la monnaie créée vers l'économie afin de soutenir la croissance et les prix.

Lors de sa réunion du 26 octobre, le conseil des gouverneurs de l'institution a décidé de réduire de moitié le rythme de ses achats d'actifs, qui vont passer à 30 milliards d'euros par mois à compter de janvier 2018 et jusqu'en septembre prochain, ou au-delà si nécessaire.

La BCE se montre ainsi optimiste sur les chances de voir la solide croissance en zone euro ramener l'inflation dans les clous de son mandat, soit près de 2% l'an, mais conserve la possibilité d'en faire plus si la situation économique devait l'exiger.

Mais les gouverneurs ont débattu pour "savoir si une formulation ouverte (sur la date de fin des achats d'actifs) et reliée à la situation restait appropriée ou s'il était préférable d'annoncer une date de fin", selon le document de la BCE.

La première option a été retenue par "une large majorité" des membres de cette instance afin de réaffirmer la "fonction de réaction" face à d'éventuels chocs à l'avenir.

Il fallait souligner sans ambiguïté l'engagement de la BCE à faire repartir les prix, au risque sinon d'"ancrer les attentes d'inflation à des niveaux faibles", souligne le document.

A l'inverse, les partisans minoritaires d'une échéance fixe pour l'abandon du QE, emmenés par la Banque fédérale allemande, ont évoqué les conditions économiques positives et le retour progressif de l'inflation, ainsi que la diminution des risques pour la zone euro.

Ils ont aussi exprimé leur "crainte de créer des attentes sur le marché en vue d'une nouvelle extension du QE au-delà de septembre", à leurs yeux injustifiée.

Cette position contraste "fortement" avec celle exprimée le 26 octobre par le président de la BCE, Mario Draghi, qui avait exclu une fin abrupte du QE après sa prolongation, souligne Carsten Brzeski, d'ING Diba.

Les observateurs s'attendent à une sortie du QE vers décembre 2018 et un premier relèvement des taux "bien après", comme l'annonce toujours la BCE, soit dans la seconde partie de 2019.

Plusieurs membres du conseil des gouverneurs veulent cependant supprimer le lien fait, dans le discours de la BCE, entre le QE et les perspectives d'inflation. Cela permettrait "la fin des achats d'actifs même si l'inflation (hors prix de l'énergie et des matières premières) n'est pas tout à fait conforme à la cible", explique Jennifer McKeown, économiste chez Capital economics.

Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, préconise un tel changement de discours "à un moment donné entre maintenant et septembre 2018", selon une interview mardi au quotidien Handelsblatt.

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