Bilan

La banque qui se veut eco-friendly

La Fondation BNP Paribas Suisse investit des millions pour faire avancer la lutte contre le changement climatique. Entretien avec son délégué général, Igor Joly.
  • Igor Joly: «Il est aujourd’hui nécessaire que tous les acteurs de la société se mobilisent.»

    Crédits: Mike Johnson/Australian Antarctic Division
  • Les projets soutenus par la fondation s’inscrivent dans le cadre d’une expédition scientifique internationale autour de l’Antarctique.

     

    Crédits: Olivier Pierre
  • Katherine Leonard, de l’EPFL, cherche à comprendre pourquoi l’océan Arctique est devenu moins salé.

    Crédits: Ivan Simeon

BNP Paribas s’engage en faveur de causes environnementales depuis 2010. Sa fondation en Suisse a décidé de soutenir des projets du Swiss Polar Institute (SPI), en concluant un partenariat autour de son projet d’expédition scientifique en Antarctique. Inauguré en avril dernier, le SPI mènera de nombreuses recherches dans les années à venir pour comprendre les dynamiques gouvernant le cycle de l’eau, au niveau local et mondial. Son sponsor principal est Ferring Pharmaceuticals, au travers du soutien de son CEO, Frederik Paulsen. L’apport de la Fondation BNP Paribas vise en particulier deux projets de recherche menés en Suisse. Les aspects du changement climatique liés aux cycles de l’eau sont encore mal connus, selon Igor Joly, délégué général de la Fondation BNP Paribas Suisse. 

Quelles réflexions ont mené la banque à s’engager dans le mécénat environnemental?

C’est notre attachement à la responsabilité sociale et environnementale (RSE). En effet, nous estimons qu’en tant qu’entreprise mondiale et en tant que banque BNP Paribas a un rôle à jouer pour contribuer à l’effort collectif visant à mettre fin à la pauvreté, à protéger la planète et à garantir la prospérité pour tous dans une démarche de développement durable réaffirmée par l’ONU en septembre 2015.

Nous nous inscrivons donc dans la construction d’un futur durable, tout en garantissant la performance et la stabilité du groupe à long terme. La banque a dès lors formalisé la prise en compte de son impact environnemental en 2011, avec la structuration de sa politique de RSE autour de 4 piliers et de 12 engagements, dont le dernier volet est dédié à l’action contre le changement climatique.

Qu’est-ce qui a motivé la fondation de la banque en Suisse à soutenir le Swiss Polar Institute?

C’est dans le cadre de la politique RSE du groupe que s’inscrit le partenariat de la Fondation BNP Paribas Suisse avec le SPI. Nous estimons que le réchauffement climatique est un enjeu crucial pour les générations futures. Il est aujourd’hui nécessaire que tous les acteurs de la société se mobilisent. Pour la fondation, il nous faut être présents dès les débuts d’une initiative, afin de pouvoir être un réel partenaire dans l’accompagnement d’un projet. Et c’est le cas avec le Swiss Polar Institute. Fait réjouissant, la collaboration avec le SPI prend la forme d’un partenariat public-privé, qui est aujourd’hui une clé importante pour développer des initiatives d’envergure et à fort impact social, culturel ou environnemental.

Quels objectifs vise la fondation en soutenant deux recherches liées à l’eau et aux océans?

La fondation du groupe, active dans le mécénat environnemental depuis 2010, cherche à accompagner des projets précis au sein de différentes institutions. Ici, nous avons fait le choix de soutenir spécifiquement deux projets menés par des chercheurs suisses. Celui du Dr Katherine Leonard (basé à l’EPFL de Lausanne) sur «pourquoi les océans se sont désalinisés», et celui du Dr Heini Wernli (basé à l’ETH de Zurich) sur la «recherche sur les interactions entre l’air et l’océan» (voir les deux encadrés à ce sujet).

Ces derniers s’inscrivent dans le cadre d’une expédition scientifique internationale autour de l’Antarctique, qui réunit 55 chercheurs issus de 30 pays et travaillant sur 22 projets de recherche. Le but, pour nous, est de sensibiliser l’environnement proche de la banque à ces questions. En outre, la fondation souhaite partager ses connaissances et ses causes avec les parties prenantes de la banque, et en particulier ses collaborateurs.

De fait, les variations de précipitations et de conditions d’évaporation de l’océan Austral sont un phénomène crucial à comprendre afin d’appréhender les dynamiques gouvernant le cycle de l’eau local et mondial. Ce sont pourtant des aspects du changement climatique qui sont très mal connus. C’est donc un axe de réflexion original qui est proposé par les professeurs Leonard et Wernli et auquel la fondation est très enthousiaste de se joindre.

Quels autres projets climatiques prévoit de soutenir la fondation, et pour quels montants?

Forts de l’expérience et de la collaboration avec le Swiss Polar Institute et les deux équipes de recherches soutenues, nous explorerons de nouvelles opportunités de partenariat en lien avec la recherche sur les changements climatiques.

En termes de montants consentis, du fait de la nouveauté de cet axe environnemental, ils restent relativement modestes en 2016 et 2017 mais ne demandent qu’à être renforcés dans les années à venir.

Y a-t-il une démarche visant à mesurer l’impact des dons sur les projets soutenus?

La fondation construit ses partenariats autour de plusieurs éléments qui lui permettent à la fois de cadrer ses soutiens financiers, d’assurer leur bonne utilisation et enfin d’évaluer les bilans effectifs et les impacts des projets qu’elle accompagne: elle soutient des projets spécifiques et ciblés; elle apporte des soutiens sur du moyen-long terme, en général deux à trois ans renouvelables; elle adopte un positionnement de réel partenaire et non de «simple» mécène. La fondation a le désir de renforcer son impact sur le terrain et de prendre part à son suivi opérationnel. 

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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