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La banque centrale de l'Inde baisse son taux directeur plus fortement que prévu

La banque centrale indienne (RBI) a réduit plus fortement que prévu son taux directeur afin de renforcer la reprise en cours en Inde.

"En Inde, une reprise économique hésitante est en cours, qui est encore loin d'être robuste", a dit le gouverneur de la RBI, Raghuram Rajan, dans sa déclaration de politique monétaire.

Crédits: Reuters

La banque centrale indienne (RBI) a réduit mardi plus fortement que prévu son taux directeur afin de renforcer la reprise en cours en Inde, une décision rendue possible par l'apaisement de l'inflation.

La RBI a surpris les analystes en abaissant d'un demi point de pourcentage son taux repo - le taux auquel elle prête aux banques - à 6,75%, là où les analystes tablaient sur une réduction d'un quart de point.

Cette décision devrait satisfaire le gouvernement de Narendra Modi qui plaidait pour un geste de la RBI afin de relancer l'investissement.

"En Inde, une reprise économique hésitante est en cours, qui est encore loin d'être robuste", a dit le gouverneur de la RBI, Raghuram Rajan, dans sa déclaration de politique monétaire.

"L'investissement réagira plus fortement (et dopera la demande intérieure) s'il y a plus de certitude quant à l'ampleur de la stimulation monétaire en cours, même si la transmission est lente", poursuit-il.

"Aussi la RBI a accru son action politique en réduisant de 50 points de base ses taux", ajoute-t-il.

Il s'agit de la quatrième baisse des taux par la banque centrale depuis le début de l'année, et l'ampleur de cette baisse atteint 125 points de base cette année.

"C'est une annonce surprise mais qui intervient au bon moment. Je ne pense pas que Rajan a été influencé par le gouvernement", a dit Arun Singh, économiste de Dun & Bradstreet, à l'AFP.

"La RBI a fait son travail, aux banques maintenant de répercuter ces baisses. La balle est dans leur camp".

L'IMPACT DU RALENTISSEMENT MONDIAL

Le Premier ministre Modi a été élu en mai 2014 sur la promesse d'une relance de la croissance et de l'investissement afin de fournir un emploi à la dizaine de millions de nouveaux actifs arrivant chaque année sur le marché du travail.

La croissance indienne a ralenti à 7% au premier trimestre (avril-juin) de l'année budgétaire 2015-16 contre 7,5% au trimestre précédente, mais l'Inde s'affirme comme le pays émergent le plus en forme du moment, encaissant mieux le choc du ralentissement chinois que d'autres comme le Brésil ou l'Afrique du sud.

Le gouverneur Rajan a cependant indiqué que la prévision de croissance pour 2015-16 "est légèrement abaissée à 7,4% contre 7,6% auparavant".

En cause, le ralentissement mondial, "un manque persistant d'appétit pour de nouveaux investissements dans le secteur privé" et "le poids des actifs non performants qui pèse sur le crédit bancaire ainsi que la confiance des entreprises en baisse".

En revanche, la RBI est rassurée sur le front de l'inflation, sa principale préoccupation depuis l'arrivée de Rajan aux commandes il y a deux ans, car la hausse des prix à la consommation a ralenti à 3,66% en août, contre 7,03% un an plus tôt.

"Depuis la dernière revue (de politique monétaire, l'essentiel des conditions pour un allégement (monétaire) ont été remplies. L'objectif d'inflation de 6% en janvier 2016 sera probablement atteint", a dit Rajan.

La RBI avait baissé ses taux pour la première fois en 20 mois en janvier, avant une nouvelle baisse surprise en mars et une pause en avril en raison d'inquiétudes sur l'inflation. La précédente baisse remontait en juin et la banque centrale a ensuite attendu l'impact de la mousson sur l'évolution des prix de l'alimentation pour agir.

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