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Fact-checking: la théorie du virus sorti d’un laboratoire n’est-elle qu’une thèse complotiste?

Chaque mois, Bilan vous propose de revenir sur de fausses informations qui ont circulé, d’apporter les rectifications et d’expliquer le contexte.

L’Institut de virologie de Wuhan

Crédits: Photo: Feature China/Barcroft Media/Getty Images
La théorie du virus sorti d’un laboratoire n’est qu’une thèse complotiste.

Faux. L’hypothèse d’un accident de labo est désormais prise au sérieux.

Il y a un an, la confusion régnait. La théorie d’un coronavirus «fabriqué» dans un laboratoire à Wuhan ou ailleurs circulait sur les réseaux sociaux. Balayée comme une «théorie du complot» par des scientifiques dans une lettre au Lancet en février 2020, elle reposait sur le fait que l’Institut de virologie de Wuhan menait des expérimentations sur les transmissions des coronavirus de l’animal à l’homme. Il est ensuite apparu que l’un des auteurs de la lettre au Lancet avait des liens étroits et non divulgués avec l’Institut de virologie de Wuhan.

L’idée d’un virus échappé de ce labo ou, pire, manipulé de main d’homme, a aussi eu des défenseurs peu crédibles. Comme le professeur Montagnier qui a estimé il y a un an que des séquences VIH avaient été ajoutées au virus, alors qu’aucune trace d’intervention humaine n’avait été décelée dans les séquences du virus.

Restait l’hypothèse d’un virus accidentellement échappé du labo à la suite de tests sur les chauves-souris. Une enquête publiée fin mars 2021 par l’OMS a donné plus de crédit à l’hypothèse d’une contamination sur le marché aux animaux de Wuhan, estimant «très improbable» une fuite de labo. Sauf qu’un membre de cette commission d’enquête avait, lui aussi, des liens très étroits avec l’Institut de virologie de Wuhan.

Ce 14 mai, un groupe de 18 scientifiques a estimé dans le journal Science que la théorie de l’accident de labo «restait viable» et méritait une investigation plus approfondie, «indépendante, dénuée de conflits d’intérêts, transparente et objective». L’enquête de l’OMS ne consacre que 4 pages sur 313 à cette hypothèse, insuffisance qu’a reconnue le directeur de l’OMS.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

Myret Zaki est journaliste indépendante et responsable de la Filière communication au CFJM (Centre de formation au journalisme et aux médias). Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale" qui lui vaut le prix Schweizer Journalist. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale", puis en 2011 "La fin du dollar" qui prédit la fin du statut de monnaie de réserve du billet vert. En 2016 elle signe «La finance de l'ombre a pris le contrôle».

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