Bilan

La libre circulation bénéfique pour la Suisse, selon le Seco

L'immigration issue de pays européens s'est maintenue à un niveau historiquement bas en 2019. La demande de main-d'oeuvre est restée stable. La libre circulation continue à avoir des effets positifs sur le marché du travail en Suisse, selon un rapport du SECO.

La majorité des personnes originaires des pays de l'UE/AELE immigrent en Suisse pour y exercer une activité professionnelle.

Crédits: Keystone

L'an dernier, le solde migratoire des ressortissants de l'UE et de l'AELE a très légèrement diminué par rapport à 2018 pour s'inscrire à 30'700 personnes (-500).

Comparé à 2013, année record avec l'arrivée nette de 68'000 personnes de pays de l'UE et de l'AELE, le recul est de 55%, relève le 16e rapport de l'Observatoire sur la libre circulation des personnes publié lundi par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). S'agissant des Etats tiers, l'immigration nette a reculé de 2700, à 20'800 personnes en 2019.

Le rapport paraît dans un contexte particulier cette année. Le 27 septembre prochain, les Suisses voteront sur l'initiative "pour une immigration modérée" ou initiative de limitation. Le texte lancé par l'UDC et l'ASIN exige la fin de la libre circulation des personnes avec l'UE pour assurer la mise en oeuvre du texte contre l'immigration de masse accepté en 2014 par le peuple.

Prospérité en jeu


L'accord sur la libre circulation contribue de manière significative à la croissance de l'économie helvétique et à la prospérité de la population, a déclaré la secrétaire d'Etat à l'économie Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch devant la presse. Il crée aussi une certaine dépendance, a-t-elle reconnu. Mais cette dépendance est inévitable dans le monde globalisé actuel.

Si la Suisse veut continuer à prospérer, elle doit avoir des relations bonnes et stables avec l'Union européenne, son principal partenaire économique, a ajouté la directrice du SECO. En ouvrant ses frontières à la main-d'uvre étrangère et en participant au marché intérieur de l'UE, elle garde le rythme imposé par le reste du monde.

La majorité des personnes originaires des pays de l'UE/AELE immigrent en Suisse pour y exercer une activité professionnelle, a expliqué Boris Zürcher, chef de la Direction du travail au SECO. Le taux d'activité des ressortissants de l'UE était de 87,7 % en 2019, contre 84,3 % pour la moyenne suisse et 84,6% pour les ressortissants suisses.

L'année passée, 89% des hommes et 80% des femmes âgés entre 15 et 64 ans ayant immigré en Suisse depuis l'UE ou l'AELE exerçaient une activité lucrative. Leur taux d'activité est supérieur à la moyenne et leur volume de travail est plus important que celui des autres groupes de population.

Main-d'oeuvre flexible


La main-d'uvre immigrée contribue à la flexibilité du marché du travail, note le rapport. Elle exerce plus souvent une activité temporaire et travaille plus souvent de nuit ou le soir que la population suisse.

Le rapport ne constate aucune répercussion négative sur l'évolution salariale de la population indigène. Entre 2008 et 2018, le salaire médian des Suisses a crû de 0,8%. En 2018, il se situait ainsi à 6873 francs, soit de 5,1% supérieur au salaire médian de tous les salariés pris ensemble.

Une évolution saluée par les syndicats, qui mettent en avant les mesures d'accompagnement. Grâce à elles, les salaires bas et moyens ont davantage progressé en Suisse qu'en Allemagne par exemple, a relevé Daniel Lampart, chef économiste à l'Union syndicale suisse. La pression sur les salaires et l'expansion des emplois précaires et à bas salaires sont freinés.

L'immigration liée à l'UE/AELE a aussi des répercussions positives sur le 1er pilier. Du point de vue des rentes AVS et AI, les ressortissants étrangers contribuent de façon déterminante au financement et à la consolidation de la sécurité sociale, selon le rapport.

Regroupement familial

Après l'emploi, le regroupement familial est quant à lui le principal motif d'immigration depuis les Etats tiers. L'intégration sur le marché du travail des ressortissants de l'UE/AELE qui ont immigré dans le cadre d'un regroupement familial est toutefois plus importante que celle des ressortissants des Etats tiers.

L'intégration professionnelle et le recours à l'aide sociale sont étroitement liés. Seuls 3,4% des immigrés de l'UE/AELE arrivés en Suisse en 2009 ont eu recours à l'aide sociale dans les huit ans suivant leur arrivée. Les personnes de l'UE/AELE ayant immigré dans le cadre d'un regroupement familial et qui dépendent de l'aide sociale parviennent la plupart du temps à s'en libérer rapidement et à retrouver une indépendance économique.

Enfin, l'évolution du solde migratoire de mars à mai 2020 a été marquée par la pandémie de Covid-19, avec une baisse de 1900 du nombre de ressortissants de l'UE et de l'AELE, a relevé M. Zürcher. La crise et ses effets n'a toutefois pas été analysée dans le cadre de ce rapport.

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