Bilan

La drogue devient-elle trop accessible?

«Moins chère qu’un billet de cinéma», la cocaïne inquiète par sa pureté accrue, son offre abondante, ses prix en forte baisse. Analyse d’un marché standardisé par la globalisation. Par Rebecca Garcia, David Huc et Myret Zaki

  • Crédits: Laurent Guiraud
  • Radiographie qui a trahi une mule, personne transportant de la drogue dans son corps, appréhendée à l’Aéroport de Genève.

    Crédits: Laurent Guiraud
  • Les dealers de rue, pour ne pas être arrêtés avec leur produit, le cachent dans la rue.

    Crédits: Laurent Guiraud
  • La police saisirait entre 5 et 10% des quantités totales de stupéfiants.

    Crédits: Laurent Guiraud

Drogues: des prix bas, une offre abondante

Le trafic de drogue a toujours fait incursion dans les gros titres. Ce 10 mars, un habitant genevois de la Jonction, affirmant qu’il ne reconnaissait plus son quartier, lançait une pétition contre le deal de rue, après les vifs débats déjà soulevés à Lausanne. La cocaïne livre sa part de scandales réguliers. Ce printemps, le parlementaire UDC Luzi Stamm se faisait pincer en possession de cocaïne et de faux billets. Non loin de chez nous, à Nantes, le patron de l’enseignement catholique est mis en examen pour trafic de poudre blanche. Très régulièrement, de grosses quantités de cocaïne sont saisies partout en Suisse. 

Pourtant, peu d’informations circulent sur l’état des lieux du marché suisse de la drogue: les circuits des différentes substances, le parcours des dealers et de leurs fournisseurs, la typologie des clients, les prix et chiffres d’affaires. Tour d’horizon qui révèle une accessibilité inquiétante de drogues dures comme la cocaïne.

Comment la drogue arrive en Suisse romande

Le cannabis (haschich)

Le cannabis (ou marijuana, chanvre) est la plus consommée des substances. La résine de cannabis (ou haschich, shit) est contrôlée par les producteurs du Maroc et dépend de filières du Maghreb pour venir en Europe, en passant par l’Espagne ou les Pays-Bas. En Suisse romande, l’herbe est vendue par des Maghrébins, pour la plupart illégaux en Suisse, mais une grande partie du cannabis est aussi produite sur sol helvétique.

Cocaïne

Deuxième drogue la plus consommée après la marijuana, elle est produite en Amérique du Sud. Elle prend le bateau depuis le Brésil ou le Venezuela, est introduite sur le continent européen avec l’aide des réseaux d’Afrique de l’Ouest,
via des ports européens, puis elle est
redistribuée sur les marchés comme la Suisse. Ces réseaux utilisent des «mules», à savoir des individus qui ingèrent des cylindres de cocaïne ou la transportent dans des valises pour passer à travers les mailles du filet. Pour une mule, un trajet de Madrid vers une destination spécifique sera payé environ 1500 euros. La drogue est récupérée, revendue, puis revendue, puis revendue…

Les dealers de rue sont des hommes jeunes, sans papiers, qui cherchent à survivre dans l’illégalité. (Crédits: Laurent Guiraud)

Héroïne

La filière de l’héroïne qui arrive sur notre sol a pour point de départ le sud-ouest
de l’Afghanistan. «La plus grande production de pavot à opium se situe dans la province de Helmand, à 5000 ou 6000 km d’ici, avant d’arriver dans nos rues», explique Frank Zobel, directeur adjoint d’Addiction Suisse. Il est le coauteur de MarStup, première étude sur le marché des stupéfiants du canton de Vaud, parue en 2018 et menée par des chercheurs d’Addiction Suisse, de l’Uni de Lausanne et du CHUV. 

L’héroïne d’Afghanistan, qui peut passer par le Pakistan, l’Iran ou la Turquie, transite par l’Albanie pour emprunter la route des Balkans vers l’Europe. Elle circule via les réseaux albanophones en faisant un passage par l’Italie ou par Amsterdam, avant d’entrer notamment en Suisse. 

A l’arrivée, ces circuits emploient de jeunes Albanais qui vendent l’héroïne par sachets de 5 grammes aux toxicomanes de la place.

5 à 10% des quantités  seulement sont saisies

On estime que la police saisit 5 à 10% de la drogue qui est vendue chaque année à Genève, d’après Richard Boldrini, capitaine de la police judiciaire du canton, chargé de la section voie publique et stupéfiants. En 2017, 53 kg de cocaïne ont été saisis à Genève. Pour mettre les choses en perspective, une étude de juillet 2018 a montré que le canton de Vaud consomme jusqu’à 500 kg de cocaïne par an. 

La cocaïne jouit en effet d’une meilleure image que l’héroïne et les consommateurs se reportent massivement sur celle-ci. Ainsi, alors qu’une grosse saisie d’héroïne à Genève se montait à 85 kg en 2015, les quantités saisies pour cette poudre sont depuis tombées autour de 27 kg, en raison du déclin de la consommation d’héroïne en Suisse.  

En 2017, la police genevoise a par ailleurs saisi 500 kg de haschich, en collaboration avec la police française. Le 26 septembre 2018, une vaste opération interservices à Genève a fait intervenir 100 policiers dans des contrôles généralisés, voire ciblés, dans la zone de l’Usine, avec 33 personnes interpellées. Des actions similaires ont été menées aux Pâquis et à Plainpalais, où des policiers en civil se sont fait passer pour des consommateurs pour attraper des dealers. Au total, quelque 61 interpellations ont eu lieu, mais le but était surtout d’«envoyer un message aux dealers», de l’aveu du capitaine Boldrini.

Chiffre d’affaires: avantage cocaïne

Le marché aux marges les plus attrayantes est celui de la cocaïne, conviennent les experts. Frank Zobel, directeur adjoint d’Addiction Suisse, estime à un demi-milliard de francs par an le chiffre d’affaires de la cocaïne en Suisse. Pour les autres drogues, les montants sont moindres: 150 à 200 millions estimés pour l’héroïne, par exemple. 

Qui gagne de l’argent sur ce marché? «Tout le monde gagne, mais avec des revenus très différents, souligne le chercheur. Si vous importez vous-même, vous gagnez à tous les échelons. Si vous achetez des quantités déjà coupées, vous aurez de petites marges. Vendre des boulettes permet juste de réaliser un revenu de survie.»

Prix: «moins cher qu’un billet de cinéma»

Cocaïne

A ce jour, 1 kilo de cocaïne coûte 1200 fr. en Amérique du Sud, soit 1 fr. 20 le gramme. Lorsqu’elle quitte le pays, le prix passe à 30 000 fr. soit 30 fr. le gramme, puis à 35 000 lorsqu’elle a passé la douane en Europe, puis 40 000 à 45 000 fr. le kilo une fois à Genève ou sur Vaud. Un gramme à 40% pur est revendu à 250 fr. à Genève ou Lausanne alors qu’il valait 1 fr. 20 à Bogota. Mais il y a vingt-cinq ans, le prix était nettement supérieur. «C’est l’abondance de l’offre en provenance d’Amérique du Sud qui a entraîné la baisse, explique Richard Boldrini. La concurrence fait baisser les prix, mais de très grandes marges demeurent pour les dealers.»

Héroïne

Entre l’Afghanistan et la Suisse, le prix au kilo affiche une multiplication par 50. Valorisée 400 francs là-bas, l’héroïne s’achète, à l’arrivée, 20 000 fr. le kilo. Depuis 2011, la police genevoise a mené une lutte sans relâche contre les réseaux albanophones, qui se sont rabattus sur la France voisine. Ce changement a eu pour effet d’augmenter les quantités vendues côté français, faisant baisser les prix de l’héroïne. 

Ce qui fait dire à Frank Zobel qu’une dose de drogue aujourd’hui, «c’est moins cher qu’un billet de cinéma». Cinq grammes d’héroïne achetés chez le vendeur albanais valent 100-150 francs, soit 5 à 10 fr. la dose de 0,2 g. «Si on l’achète à un autre consommateur qui l’a acquise chez l’Albanais puis l’a remballée, cela va coûter le double, et le consommateur financera ainsi sa part.» 

Il y a trente ans, 5 g d’héroïne valaient 500 fr., contre 120 fr. aujourd’hui. Une chute massive des prix, surtout pour un pays comme la Suisse où le pouvoir d’achat est élevé. «Les circuits de production et de transport se sont améliorés, le marché s’est adapté à la demande, à la répression, la globalisation a offert beaucoup plus de containers, d’avions qui traversent tous les jours l’Atlantique», résume Frank Zobel. 

Avoir un aéroport international comme celui de Genève n’accentue pas pour autant le phénomène du trafic de drogue, car celle-ci va là où est le client. Vu l’absence de vols directs depuis l’Amérique du Sud jusqu’à Genève, les saisies sont plus nombreuses à Zurich. A Genève, la police arrête des «mules» qui transitent par l’Espagne, mais l’aéroport n’est pas directement associé au circuit des stupéfiants.

Dealers de rue: qui sont-ils?

Des hommes, entre 16 et 30 ans, qui ont migré d’Afrique de l’Ouest vers l’Europe de façon clandestine pour chercher de meilleures conditions de vie. Après le rejet de leur demande d’asile, ils trouvent un moyen alternatif pour se procurer un revenu à Genève en entrant dans le deal. Certains avaient suivi des formations avant dans leur pays. Ici, la plupart considèrent cette activité comme la seule à leur portée pour gagner un revenu tout en étant sans papiers. Parfois, ils la perçoivent comme une activité contraire à leur morale. Souvent, ils définissent l’activité comme temporaire en attendant une activité légale. 

C’est en résumé le portrait que dresse Loïc Pignolo, qui a consacré son mémoire de master en 2015 aux dealers ouest-africains. Le sociologue souligne la grande opacité qui règne entre les revendeurs de rue et les grossistes qui les fournissent. Eux-mêmes anciens dealers, les grossistes spécialisés dans une substance, qui importent en masse des Pays-Bas ou d’Espagne, ont pu monter en grade et revendent aux dealers du bas de l’échelle, qui revendent aux consommateurs. Les grossistes ont plus de sécurité, sont moins confrontés à la police, se font moins de marge mais plus de volume. 

Difficile de faire parler les grossistes des intermédiaires au-dessus d’eux: c’est un trou noir en termes d’information. Sur les relations entre dealers, le sociologue note un mélange de solidarité et de concurrence. Ils collaborent entre eux pour entrer dans le métier, pour se prévenir de l’arrivée de la police, mais chacun est responsable de créer ses propres revenus et de fidéliser sa clientèle. Ils s’y efforcent par des dons, des réductions de prix, du crédit. Dans le milieu policier à Neuchâtel, la description est moins angélique. «C’est vraiment du trafic d’opportunisme entre des gens de passage. Ils se volent entre eux, et si l’un peut piquer 50 g pour acheter sa casquette, il va le faire», raconte un policier sur le terrain.

Le produit qui rapporte le plus en termes de marge est la cocaïne, ensuite le cannabis et finalement les pilules d’ecstasy, explique Loïc Pignolo. «Certains avaient de la peine à se faire une vingtaine de francs, alors que d’autres arrivent à se faire plusieurs centaines de francs par jour, selon qu’ils ont réussi ou non à se constituer une clientèle stable.»

Le fait que certaines ethnies tiennent différents marchés résulte de la spécialisation à travers le temps. L’héroïne est contrôlée par les Albanais car cette substance a toujours transité par cette région, qui a développé une tradition de contrebande avec l’Italie. Les Africains de l’Ouest, notamment du Nigeria et de République dominicaine, ont connu d’importantes phases d’émigration et se sont mêlés à divers trafics, dont celui de cocaïne sud-américaine, qui transite parfois par l’Afrique de l’Ouest. Les auteurs de l’étude MarStup constatent qu’il n’existe pas de «mafia de la drogue» en Suisse, mais que le marché est constitué de «petits entrepreneurs qui tiennent des parts de marché», tandis que les «gros bonnets» ne sont pas en Suisse. «On est dans un circuit de distribution en Suisse plutôt que dans un circuit de type mafieux», résume Frank Zobel.

Face à la police

La police n’a de cesse d’expliquer le combat inégal qui l’oppose aux dealers de rue. «Pour la population, il est clair que ce n’est pas agréable d’avoir des dealers présents dans la rue, reconnaît le capitaine Boldrini, de la police genevoise. Nous avons pu répertorier les Africains de l’Ouest (Plainpalais, Pâquis et Usine) à différentes heures du jour et de la nuit dans les trois sites; nous en avons monitoré 100 à 120. C’est une économie parallèle, mais on s’y attelle.» Il explique que la police mène aussi des actions que la population ne voit pas, essayant d’identifier leurs bases arrière, de les perquisitionner, de saisir plus de produits. Une action discrète, souvent en filature, en civil, mais qui porte ses fruits. 

«Au fond, conclut le policier, tout cela limite à quelques dizaines le nombre de dealers de rue. Les Genevois ne se sentent pas en insécurité, selon les derniers sondages, assure le responsable de police. Notre travail a porté ses fruits, même si ce n’est pas idéal pour ceux qui habitent à proximité de certaines zones.» 

«Le deal de rue est plus présent en Suisse romande qu’en Suisse alémanique», affirme Franziska Eckmann, directrice d’Infodrog, centrale nationale de coordination des addictions en Suisse. Outre-Sarine, «il y a une gestion plus pragmatique du microdeal des consommateurs, explique-t-elle. Ils doivent moins courir derrière les gens et ont des structures plus accessibles de réduction de risques et des salles de consommation qui permettent d’éviter les problèmes présents en Romandie.»

En Suisse romande, les dealers qui se font arrêter possèdent de faibles quantités de drogue sur eux. Ils ont typiquement des documents de séjour d’autres pays européens, ce qui permet à la police suisse de les y renvoyer, mais pas de les renvoyer dans leur pays d’origine. La police genevoise évoque les difficultés concrètes pour traiter les cas dans des délais raisonnables, et le fait que les places en détention administrative sont limitées. «Les renvoyer en Espagne est en théorie aisé, mais dans les faits, l’Office cantonal de la population et de l’émigration vous dira qu’il faut préparer un dossier, les partenaires espagnols et italiens doivent être mis dans la boucle, d’énormes lourdeurs administratives ralentissent le processus.»

Consommateurs et risque de cocaïne surdosée

Que ce soit à Genève, Lausanne, Neuchâtel, Bienne, Berne, Zurich ou Olten, la consommation est importante, et Infodrog évoque le fait que les consommateurs sont toujours plus âgés. Du côté de Neuchâtel, Georges-André Lozouet, policier et adjoint de communication de la police, indique qu’il y a des consommateurs dans toutes les couches de la population, et qu’il n’y a pas un marché pour les riches spécifiquement. Il n’existe pas vraiment de différence de genre ou de revenu entre consommateurs, selon lui. 

Les saisies massives de cocaïne en Suisse montrent la présence abondante sur le marché d’une poudre très pure, reflet de l’existence de très importants stocks et de grosses capacités de production pour cette drogue en particulier. L’étude MarStup, axée sur le canton de Vaud, recense 2000 consommateurs pour l’héroïne (contre le double auparavant), et 15 000 pour la cocaïne. «80% sont des consommateurs occasionnels de drogues. Ils ne représentent que 20% du chiffre d’affaires, et c’est une minorité de consommateurs qui sont les plus dépendants et les gros clients», souligne le coauteur de MarStup.

L’étude s’est basée, entre autres, sur l’analyse des eaux usées, qui permet de retrouver des traces dans l’urine de la consommation de drogue. Des prélèvements ont eu lieu à l’entrée des stations d’épuration, pour déduire les quantités consommées. La Suisse suit les schémas de consommation vus en Europe. La poudre d’héroïne est coupée avec du paracétamol et de la caféine et devient pure à 10-15%. La cocaïne est coupée par l’ajout de lait pour bébé, devient pure à 40-50%, mais l’étude a trouvé des échantillons purs à 100%. Le risque d’overdose dépend de la connaissance du consommateur, s’il arrive à ajuster le dosage à cette pureté. Chez les consommateurs d’héroïne, la situation est stable, très peu de poudre pure est consommée. Elle est presque toujours d’assez mauvaise qualité, nous disent les experts. En revanche, c’est sur le marché de la cocaïne que la pureté s’avère en forte hausse et que les doses sont beaucoup plus fortes pour les consommateurs, met en garde Frank Zobel. Si l’héroïne est démodée, et que le cannabis est stable depuis les années 2000, le boom de la cocaïne révèle un esprit du temps plus fêtard et productiviste, résume l’expert. 

Enfin, des drogues plus récentes et plus marginales comme la méthamphétamine, substance ultra-addictive, présente à Neuchâtel et à Fribourg, a incité la police à mener plusieurs opérations pour enrayer son expansion. 


Quels risques légaux?

Les conséquences de la possession ou du trafic de stupéfiants sont régies par une loi fédérale – la LStup. Le texte couvre notamment la possession ainsi que la distribution de stupéfiants à des tiers. 

Son article 19 comporte un alinéa b sujet à interprétation: 

1 ) «Celui qui se borne à préparer des stupéfiants en quantités minimes, pour sa propre consommation ou pour permettre à des tiers de plus de 18 ans d’en consommer simultanément en commun après leur en avoir fourni gratuitement, n’est pas punissable.» 

2) «Dix grammes de stupéfiants ayant des effets de type cannabique sont considérés comme une quantité minime.»

Concrètement, les consommateurs qui détiennent des stupéfiants risquent surtout des amendes d’ordre et des dénonciations auprès du Ministère public, sauf s’ils possèdent de petites quantités de cannabis. 

Addiction Suisse a réalisé en 2017 une étude comparative sur les pratiques des différentes polices cantonales. Toutes prévoient des amendes d’ordre si elles voient une personne consommer du cannabis. Si l’individu ne fait qu’en posséder, certains cantons vont simplement le saisir. C’est notamment le cas de Berne et des deux Bâles. La quantité minime n’est fixée que pour le cannabis. 

Au final, ce qui compte est la quantité de drogue sur soi, son usage et les antécédents. Les amendes vont de 100 à 500 francs selon les cantons. 

Lorsque les doses sont supérieures à celles individuelles, c’est la peine de prison qui plane. La loi est en effet bien plus sévère avec le trafic qu’avec la consommation personnelle.


(Crédits: Dr)

«La consommation est en hausse»

Le cannabis est la drogue la plus répandue, selon Cédric Meyrat, chef de la brigade spéciale de la police bernoise.

Comment le marché de la drogue évolue-t-il depuis cinq ans?

Selon nos observations sur le terrain, nous pouvons dire que la disponibilité de drogue sur le marché est grande, ce qui laisse penser que la consommation est également en hausse.

Y a-t-il des villes où le trafic de drogue est plus dense?

En raison de leur position centrale, de leur accessibilité aisée en transports, les villes sont plus sujettes au trafic que les régions rurales. Berne et Bienne sont deux villes du canton où nous avons des points forts en ce qui concerne la lutte contre le trafic de stupéfiants.

Comment réguler et contrôler le marché?

La Suisse s’appuie sur le modèle de la politique des 4 piliers. Le rôle de la police est avant tout répressif. Notre priorité est la lutte contre le trafic de stupéfiants et donc de rendre les drogues difficilement accessibles. Un des buts de la répression est aussi d’éviter la création de scènes ouvertes de la drogue, comme celles que nous avons connues dans les années 90 dans notre pays.

Quelles sont les substances les plus consommées?

Le cannabis (et ses produits dérivés) est, en quantité, la drogue la plus répandue lors des saisies dans le canton de Berne. Il est suivi par l’héroïne et la cocaïne. Ces dernières années, nous avons remarqué une légère augmentation de cas en lien avec la méthamphétamine (pilules thaïes, Crystal Meth, Ice, etc.).

Quel rôle internet joue-t-il dans l’achat et la vente de drogues à l’heure actuelle?

Internet joue un rôle important. Nous observons, sur le terrain, que la vente s’effectue dans des lieux privés, dans les soirées, via les réseaux sociaux (WhatsApp, Instagram, etc.) ou sur le darknet.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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