Bilan

La contrefaçon en chiffres

La Chine et Hong Kong restent les plaques tournantes des produits contrefaits. Les importations issues de ce commerce illicite atteignent 121 milliards d’euros dans l’Union européenne.

Le chiffre d'affaires de la contrefaçon ne cesse de progresser.

Crédits: AFP

Des faux médicaments fabriqués en Chine et en Inde. Des smartphones contrefaits produits non seulement dans l’Empire du Milieu mais aussi en Thaïlande. Des copies de sacs de luxe en provenance du Maroc ou d’Albanie. Les affaires des criminels actifs dans la contrefaçon ne cessent de progresser.

«Le phénomène s’est encore aggravé ces dernières années», indique l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) dans sa dernière étude publiée en juin dernier.

La Suisse aussi touchée

La Chine et Hong Kong restent les principales sources des contrefaçons importées au sein de l’Union européenne (UE), mais beaucoup d’autres pays comme l’Inde, le Maroc et la Malaisie ont accru leurs ventes.

De leur côté, les entreprises qui sont victimes de ce commerce illicite continuent d'être situées aux États-Unis, en France, en Suisse, en Italie, en Allemagne, au Japon, en Corée du Sud et au Royaume-Uni.

La situation est inquiétante car elle fait perdre beaucoup d’argent aux entreprises dont les produits sont protégés via les règles de la propriété intellectuelle. Or, elles jouent un rôle-clé au sein de l’UE.

Dans une analyse réalisée avec l’Office européen des brevets, l’EUIPO relève que leur contribution à l'économie européenne représente environ 42% du produit intérieur brut, concerne 28% de l'emploi et génère un excédent commercial d'environ 96 milliards d'euros avec le reste du monde. Les chiffres publiés par l’EUIPO sont édifiants:

121 milliards d’euros

Le montant des importations de produits contrefaits en 2016. Il représente 6,8% des total des achats à l’étranger de l’UE.

56 milliards d’euros

Les pertes de ventes par an liées à la contrefaçon dans les onze branches retenues par l’étude. Ce montant représente 7,4% de leur chiffre d’affaires.

28,4 milliards d’euros

Les pertes de ventes par an des acteurs présents dans les vêtements, chaussures et accessoires. Cette branche est la plus touchée devant les produits pharmaceutiques (9,6 milliards) et les cosmétiques/soins personnels (7,1 milliards).

468'000 emplois

Le nombre de postes de travail perdus. La production illégale réduit l’embauche au sein des fabricants de produits originaux.

16,3 milliards d’euros

Les pertes fiscales enregistrées par les membres de l’UE.

Des sanctions insuffisantes

En raison du rendement élevé du capital investi et des montants en jeu, la contrefaçon est une activité très lucrative pour les gangs criminels. D’autant que les sanctions pénales, note l’EUIPO, sont peu dissuasives.

«Le modus operandi devient de plus en plus complexe à mesure que la technologie et les canaux de distribution évoluent, parallèlement à l'ampleur des produits contrefaits. Les contrefacteurs font un usage important d'Internet pour distribuer leurs produits, ainsi que pour promouvoir la distribution et la consommation de contenus numériques illégaux», constate l’EUIPO.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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