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La Chine veut gonfler les prêts aux petites entreprises

La Chine tente de déjouer l’essoufflement de l'économie qui la frappe depuis des semaines par tous les moyens. Elle a notamment poussé les banques à gonfler leurs prêts auprès de petites entreprises. Ces dernières privilégiant davantage les crédits aux groupes étatiques.

La Chine a enjoint mercredi les banques à gonfler fortement leurs prêts aux petites entreprises.

Crédits: AFP

Soucieuse de stimuler à tout prix l'activité, la Chine a enjoint mercredi les banques à gonfler fortement leurs prêts aux petites entreprises, alors que les établissements, échaudés par les risques, tendent toujours à privilégier les crédits aux groupes étatiques. Pékin multiplie ces dernières semaines les mesures pour enrayer l'essoufflement de l'économie chinoise, concentrant notamment ses efforts dans le financement très compliqué du secteur privé.

Dans une notice publiée mercredi sur son site, l'autorité de régulation du secteur bancaire (CBRC) a justement demandé aux banques d'augmenter leurs crédits aux petites sociétés, tout en «contrôlant strictement» le taux de ces prêts «à un niveau raisonnable». L'objectif affiché est «d'abaisser globalement les coûts de financement pour les petites et micro-entreprises», précise l'institution.

Rôle de guide

En pratique, les cinq plus grosses banques chinoises -- toutes sous contrôle étatique -- devront «jouer le rôle de guide» pour le secteur et accroître d'au moins 30% cette année le volume de leurs prêts aux petites entreprises. En contrepartie, la CBRC, qui avait durci le ton ces dernières années sur les risques financiers, va assouplir ses critères en autorisant un ratio plus élevé de créances douteuses dans le portefeuille des banques.

Certes, à la faveur de généreuses liquidités assurées par la Banque centrale (PBOC), les nouveaux prêts bancaires octroyés en Chine en janvier avaient gonflé à un niveau record (424 milliards d'euros), triplant sur un mois. Ils ont ensuite décru en février (117 milliards d'euros), tout en restant en hausse de 6% sur un an, sur fond de congés du Nouvel An chinois.

Capitaux inégaux

Mais ces sommets reflètent une répartition très inégale des capitaux: échaudés par une recrudescence des défauts de paiement d'entreprises, les banques continuent de privilégier les prêts aux groupes publics -- qui peuvent se réclamer de la garantie de l'Etat -- plutôt qu'aux firmes du secteur privé. Et ce au grand dam de Pékin, qui veut relancer la consommation et muscler les secteurs des services et nouvelles technologies... dominés par les entreprises privées.

Dimanche, Yi Gang, le gouverneur de la PBOC, avait déjà fustigé les taux «relativement élevés» des prêts octroyés aux petites entreprises -- prime pour le «risque» supposé. Dans le même temps, M. Yi avait assuré qu'il restait une marge pour abaisser encore les ratios de réserves obligatoires que les banques sont obligées de mettre de côté, ce qui libérerait des fonds pour les prêter. Pékin s'efforce de renforcer et de promouvoir le marché obligataire pour favoriser les émissions d'entreprises, et promet d'assouplir les conditions de cotation sur la future plateforme du Nasdaq shanghaïen afin d'y faciliter les levées de fonds des firmes.

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