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La Banque d'Angleterre pourrait baisser ses taux même sans "hard" Brexit

La Banque d'Angleterre (BoE) pourrait devoir baisser ses taux pour aider l'économie même en cas de Brexit avec accord, un scénario qui ne lèverait pas toutes les incertitudes, a déclaré vendredi un haut responsable de l'institution.

Pour l'heure, la BoE a plutôt dans l'idée, si elle le peut, de remonter ses taux faiblement et progressivement, pour respecter son objectif d'une inflation à 2%.

Crédits: Reuters

« Si le Royaume-Uni évite un Brexit sans accord, la politique monétaire pourrait évoluer dans un sens ou dans l'autre, et je pense qu'il est assez plausible que la prochaine décision en termes de taux serait une baisse plutôt qu'une hausse », a estimé Michael Saunders, membre du comité de politique monétaire de la BoE.

Selon le texte d'un discours prononcé vendredi, M. Saunders juge qu'en cas de Brexit avec accord, le scénario probable serait d'avoir une « période prolongée d'incertitude élevée », alors que le pays aura alors à négocier sa relation future avec l'UE.

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« Dans ce cas, il pourrait être approprié de maintenir une politique monétaire très accommodante pour une plus longue période et peut-être assouplir la politique à un moment, en particulier si la croissance mondiale reste décevante », a-t-il dit.

Cette prise de position tranchée a surpris car M. Saunders faisait figure jusque-là de « faucon », terme qui dans le jargon des Banques centrales désigne les partisans d'une politique monétaire ferme par opposition aux « colombes », qui défendent plus souvent des baisses de taux.

Décision pas « automatique »


Mais dans le cas d'une sortie de l'UE sans accord, la BoE a officiellement prévu de monter ou baisser son taux selon ce qu'elle jugera prioritaire: la lutte contre l'inflation provoquée par un probable effondrement de la livre, ou la stimulation de l'activité économique.

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Si la décision n'est pas « automatique », le gouverneur de l'institution, Mark Carney, a fait récemment part de sa préférence pour une baisse du taux, dans ce cas de figure précis d'un Brexit dur.

Les propos de Michael Saunders pesaient sur la livre vendredi matin et la devise reculait nettement face au dollar et à l'euro. Une baisse des taux rendrait la devise moins rémunératrice et donc moins intéressante pour les investisseurs.

« Cela a été la première indication selon laquelle la Banque envisage une baisse de taux » même si le pays évite un Brexit sans accord, souligne Fiona Cincotta, analyste chez City Index.

« L'argument se fonde sur la situation au Royaume-Uni mais reflète également le mauvais état de la croissance économique mondiale », selon elle.

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