Bilan

L'USAM veut relever la limite du travail hebdomadaire à 50 heures

L'Union suisse des arts et métiers demande que la durée maximale de la semaine de travail passe de 45 à 50 heures et veut supprimer les "réglementations" inutiles sur la durée des pauses.

UNIA souligne que la Suisse est le pays d'Europe où les horaires de travail sont les plus longs.

Crédits: keystone

L'Union suisse des arts et métiers (USAM) veut moderniser et assouplir la loi sur le travail, en supprimant les "réglementations" inutiles sur la durée du travail et du repos ou les pauses. "Une gifle pour beaucoup de salariés", fustige le syndicat UNIA.

Pour l'USAM, la loi sur le travail est obsolète. "Elle reflète l'esprit des années 50 et 60. Elle n'est plus d'actualité", déclare son président Jean-François Rime, cité mardi dans un communiqué. La plus grande organisation faîtière de l'économie suisse, qui regroupe quelque 300'000 PME, a présenté à Berne ses exigences en vue de flexibiliser le droit du travail.

Dans sa ligne de mire: les horaires, jugés trop rigides. L'Union suisse des arts et métiers demande que la durée maximale de la semaine de travail passe de 45 à 50 heures.

Pour Daniela Schneeberger, présidente de l'Union suisse des fiduciaires, la loi n'est pas adaptée à son secteur. "Nous devons pouvoir travailler plus longtemps à la fin de l'année et au printemps, périodes durant lesquelles les comptes annuels et les déclarations fiscales nous imposent une surcharge de travail", argumente-t-elle.

Distinguer PME et grandes entreprises

D'autres secteurs, la construction ou l'hôtellerie-restauration notamment, réclament aussi davantage de souplesse. La Société suisse des entrepreneurs se dit persuadée que l'introduction d'un modèle de temps de travail basé sur l'année civile et répondant aux besoins pratiques est une bonne solution pour préserver compétitivité et emplois.

Membre du Comité directeur de l'USAM, Sylvia Flückiger-Bäni souhaite dispenser les PME des obligations qui ne se justifient que pour de grandes sociétés. Le nombre maximal d'employés dans une "petite entreprise artisanale" (non soumise aux prescriptions en matière de durée du travail et de repos) devrait par exemple être relevé de quatre à dix personnes, plaide Mme Flückiger-Bäni.

Une "gifle" selon UNIA

Réagissant à ces demandes, UNIA a déploré mardi "une gifle pour beaucoup de salariés". Dans un communiqué, le syndicat estime que l'USAM s'attaque "sous couvert de modernisation" à la protection juridique de base, qui est loin d'être désuète. Et de souligner que la Suisse est le pays d'Europe où les horaires de travail sont les plus longs.

De son côté, l'Union syndicale suisse annonce par communiqué qu'elle luttera contre ces attaques de la protection des travailleurs "avec tous les moyens à sa disposition". D'une manière générale, les syndicats pointent du doigt les conséquences néfastes qu'auraient les mesures proposées par l'USAM sur les conditions de travail et la santé des employés.

Pour le président de Travail.Suisse Adrian Wüthrich, la demande de relever de plus de 11% la durée du travail "ne manque pas de culot". Dans un communiqué, l'organisation faîtière indépendante des travailleurs se dit disposée à discuter de la loi, mais elle "combattra toutes les détériorations unilatérales et exige d'abord un énoncé clair sur la saisie du temps de travail".

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