Bilan

L’Université de Genève se décloisonne

L’Institut de recherche appliquée en économie et gestion (Ireg) est né hier d’une initiative conjointe de la Haute école de gestion de la HES-SO Genève et de l’Université.
  • Ces dernières années, l'Université de Genève a multiplié les partenariats et les collaborations avec d'autres institutions pour lancer des laboratoires et observatoires.

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  • Le directeur de tout nouvel Institut de recherche appliquée en économie et gestion: Giovanni Ferro Luzzi.

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Les professeurs de l’Université de Genève et ceux de la Haute école de gestion de la HES-SO Genève sont régulièrement contraints de renoncer à certaines requêtes, provenant de la part de services publics ou du secteur privé, faute de temps. Désormais, c’est du passé. Le tout nouvel Institut de recherche appliquée en économie et gestion (Ireg) a été porté sur les fonts baptismaux hier dans les locaux de la Fédération des entreprises romandes, un lieu hautement symbolique. Cette collaboration qui permet de mutualiser des compétences interdisciplinaires serait une première en Suisse. Elle avait permis voici un an de mettre au concours le recrutement d’un directeur, un poste financé à 50/50 par les deux partenaires.

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Recruté à cette fin, le professeur Giovanni Ferro Luzzi rappelle l’historique de la recherche appliquée en économie à l’Université de Genève: «Tout a démarré en 1991 sous l’impulsion de la professeur Gabrielle Antille, qui va créer le Laboratoire d’économie appliquée à la Faculté des Sciences économiques et sociales. Il va fonctionner en finançant ses activités grâce aux ressources extérieures à l’Université. En 1994, le professeur Yves Flückiger (ndlr: devenu entre-temps recteur de l’Université de Genève) crée l’Observatoire universitaire de l’emploi, intégré au Laboratoire d’économie appliquée».

D'autres observatoires vont être créés

Et l'universitaire d'annoncer que «la création d’autres observatoires va suivre (mobilité, démographie, etc.). En moyenne, les montants récoltés sur mandat se sont élevés à environ un demi-million de francs par année, dont une bonne moitié provient de collectivités publiques, et le reste est à mettre au compte d’associations, d’entreprises privées ou encore du Fonds de recherche (FNS). En parallèle à l’Université, la Haute école de gestion (HEG) de la HES-SO Genève voit le jour en 1998. La recherche sur mandats fait partie intégrante de sa culture. Le Centre de recherche appliquée en gestion centralise les mandats de recherche à la HEG. Des laboratoires plus spécialisés s’organisent autour de thématiques plus précises: Centre de compétence pour la sécurité de l’information des entreprises, le laboratoire d’étude de marché, le laboratoire de l’immobilier et du logement et le laboratoire des technologies de l’information».

Le directeur de l’Ireg constate que du côté de la HES-SO Genève, presque tous les collaborateurs ont un parcours universitaire et continuent de travailler en réseau avec des chercheurs de l’Université. Et du côté de l’Université, la nécessité de créer des synergies avec les HES se fait également sentir. En 2011, le Geneva Creativity Center émerge avec trois parrains: la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (Hepia), l’Office de la promotion de l’industrie et l’Union industrielle genevoise. Puis, ce sera au tour du Centre interprofessionnel de simulation en 2014, créé avec la Haute école de santé; et du Laboratoire de Technologie Avancée (LTA) avec l’Hepia en 2015.

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«Des pourparlers pour créer un institut commun de recherche appliquée en économie sont entamés dès 2012. En raison de son succès, le laboratoire d’économie appliquée et ses observatoires s’étaient développés de manière un peu anarchique avec de multiples identités et une gestion qui devenait difficile. Des collaborations entre chercheurs de l’université et de la HEG étaient devenues monnaie courante»: voilà pourquoi hier, François Abbé-Decarroux, directeur général de la HES-SO Genève, et Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève, se sont réjouis de la mise en commun d’un savoir-faire et de ressources communes pour répondre à une demande.

Guichet commun pour les demandes d'expertise

Ce nouveau partenariat a pour vocation de faire office de guichet commun pour les demandes d’expertise. Cela va aussi permettre aux chercheurs des deux institutions d’obtenir une masse critique pour certains projets de recherche. A noter que l’Ireg s’est récemment rodé en menant déjà quelques études, à commencer par l’impact du lieu de résidence sur la consommation de biens et services. C’est également lui qui assume désormais la responsabilité méthodologique de l’indicateur avancé de l’économie genevoise, rebaptisé IREG-CCIG-OCSTAT du nom de ses nouveaux partenaires. En effet, depuis le 1er janvier 2017, la Chambre de Commerce et d’Industrie finance le calcul en lieu et place de la banque Pictet qui s’en était chargée depuis le lancement de cet indicateur en 1997.

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Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef adjoint à Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également responsable du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches.

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