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L'Ukraine, ravagée par la guerre, peine à attirer les investisseurs

Ravagée par un an de guerre dans l'Est séparatiste, l'Ukraine multiplie les appels aux investisseurs pour reconstruire son économie en plein marasme.

Attirer les investissements permettrait à l'Ukraine sur le long terme de remettre sur pied son économie souffrant entre autres d'une inflation galopante et d'une chute vertigineuse de sa monnaie, la hryvnia, dont la valeur en dollar a été divisée par trois en un peu plus d'un an.

Crédits: AFP

Ravagée par un an de guerre dans l'Est séparatiste, l'Ukraine multiplie les appels aux investisseurs pour reconstruire son économie en plein marasme. Mais entre un cessez-le-feu plus que fragile et des réformes qui tardent à venir, les résultats restent maigres.

"Inciter les investisseurs étrangers à venir dans un pays en guerre contre un État qui détient l'arme nucléaire est une tâche très compliquée", a reconnu mardi le Premier ministre Arseni Iatseniouk devant un parterre de responsables et d'hommes d'affaires étrangers réunis à Kiev.

Il y a pourtant urgence, a-t-il insisté: "C'est très difficile de vivre et de survivre pour un Ukrainien ordinaire. Le niveau de vie a baissé de manière significative".

Malgré l'instauration d'un nouveau cessez-le-feu mi-février, des combats sporadiques ont lieu tous les jours dans l'est de l'Ukraine, où le conflit a fait plus de 6.100 morts en un an.

Et les autorités ukrainiennes ne cachent pas leur frustration face à des soutiens occidentaux qui demandent de profondes réformes économiques, mais rejettent leurs demandes d'envoyer des soldats pour le maintien de la paix dans l'Est.

"Lorsque vous parlez d’État de droit et de réforme de l'administration publique, je partage vos propos", a déclaré M. Iatseniouk. "Mais je pense que le premier et le plus important des problèmes est de se débarrasser des terroristes et des chars russes dans mon pays. Partez, M. Poutine!" a-t-il lancé.

Kiev et les Occidentaux accusent Moscou de livrer des armes aux séparatistes mais aussi d'avoir déployé ses troupes sur le territoire ukrainien, ce que la Russie a toujours démenti.

Kiev ne cesse dès lors d'appeler les Occidentaux à lui fournir des armes létales pour faire face aux rebelles et à déployer une force de maintien de la paix - une mission policière de l'UE ou des casques bleus de l'ONU - sur la ligne de front mais aussi à la frontière ukraino-russe.

Mais par crainte d'une escalade avec la Russie, ses soutiens occidentaux n'ont accepté de fournir aux Ukrainiens qu'une aide non létale et des instructeurs militaires.

 
'S'il vous plaît'

Attirer les investissements permettrait à l'Ukraine sur le long terme de remettre sur pied son économie souffrant entre autres d'une inflation galopante et d'une chute vertigineuse de sa monnaie, la hryvnia, dont la valeur en dollar a été divisée par trois en un peu plus d'un an.

Le pays vit déjà sous perfusion financière des Occidentaux pour éviter la faillite: le Fonds monétaire international (FMI) a notamment accordé en mars un nouveau soutien financier à l'Ukraine de 17,5 milliards de dollars sur quatre ans, qui doit servir de socle à un programme de soutien de 40 milliards de la communauté internationale.

En échange de cette aide, Kiev est non seulement censé mener à bien des réformes profondes mais aussi trouver un accord avec ses créanciers privés, appelés à participer au plan de soutien en acceptant une restructuration.

Conformément à ses engagements, le pays a depuis notamment créé un nouvel organisme anti-corruption et lancé une réforme de son secteur bancaire.

Mais selon les investisseurs, l'Ukraine doit aller encore plus loin et plus vite, et adopter notamment des lois contre les monopoles et rendre plus efficace son secteur énergétique.

"C'est difficile de demander au gouvernement de mettre en place des réformes difficiles alors que le pays est en plein conflit", souligne Liza Ermolenko, du cabinet londonien Capital Economics.

"Mais étant donné le passé d'instabilité politique en Ukraine, c'est mieux de pousser aux réformes maintenant, quand c'est le moment", ajoute-t-elle.

La conférence de mardi "va probablement amener peu de fonds, mais cela envoie un message aux investisseurs: que l'Ukraine est ouverte aux affaires", dit encore l'analyste.

Des propos appuyés par le Premier ministre lui-même: "Mon gouvernement manque de moyens pour augmenter les investissements et renforcer la croissance économique. S'il-vous-plaît, investissez en Ukraine!", a ainsi lancé M. Iatseniouk.

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