Bilan

L'open space, ce n'est pas bon pour la productivité

Une étude réalisée aux Etats-Unis remet en cause la pertinence de l'open space au bureau. On connaissait les critiques sur le bruit et la concentration, mais la productivité serait aussi prétéritée.
Favoriser les échanges, la communication entre des salariés: voilà le but originel des espaces de travail en open space. Entre 1970 et aujourd'hui, les bureaux ont donc vu leurs cloisons tomber et les salariés se retrouver dans de vastes aires ouvertes.

Mais voilà qu'une étude menée récemment par l'agence américaine Gensler, spécialisée dans l'architecture et le design, vient remettre en cause ce fondement de l'organisation du travail contemporaine.

Balance entre communication et concentration

Selon ses résultats, des changements intervenus dans les habitudes de travail depuis deux décennies nuiraient à la concentration et donc à la productivité des salariés. Particulièrement en cause: les distractions offertes par internet qui se retrouvent dans les échanges entre salariés, au détriment des discussions professionnelles.

«Dans certains cas, la balance entre communication et concentration est allée trop loin dans le sens de la première, négligeant le besoin de concentration», analyse Diane Hoskins, co-CEO de Gensler, qui a piloté cette étude.

Le stress des salariés

Bruit excessif, sources de déconcentration, passages incessants, manque de place, absence de calme et d'intimité notamment pour des appels téléphoniques: les griefs des salariés sont nombreux, comme le prouvait déjà une étude menée par le cabinet IPSOS en France en 2012 (décryptée dans cette vidéo par Laurence Ostoloza dans Télématin).



La véritable nouveauté de cette étude vient de la critique en terme de productivité. Alors que les adversaires de l'open space se recrutaient jusqu'à présent dans les rangs des salariés et des syndicats au nom de la qualité de vie au travail, c'est un argument de productivité qui est désormais avancé.

La pression immobilière en Suisse romande

Va-t-on pour autant en revenir aux bureaux individuels? Difficile à imaginer, notamment en raison de coûts plus élevés du m2. Et la situation suisse est particulièrement tendue. Dans l'hypercentre de Genève, selon le baromètre Colliers Suisse, le prix du m2 de bureau peut grimper jusqu'à 880 francs. A Lausanne, l'hypercentre voit les prix se hisser jusqu'à 405 francs du m2.

C'est plutôt dans d'autres directions, vers de nouvelles formes d'open space, que s'orientent architectes et designers. Des bureaux plus cosy, avec un mobilier plus confortable et une atmosphère de travail qui permette de déstresser le salarié.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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