Bilan

L'OMC s'attend à un "combat difficile" pour des résultats à Nairobi

Aucun progrès n'a été observé dans les négociations avant la ministérielle de l'OMC prévue en décembre à Nairobi.

"Nous voulons obtenir des succès pour l'Afrique et les pays en développement", a dit à Genève M. Azevedo.

Crédits: AFP

Aucun progrès n'a été observé dans les négociations avant la ministérielle de l'OMC prévue en décembre à Nairobi. "Nous devrons nous battre sérieusement" pour atteindre un résultat et réfléchir à "notre avenir", a reconnu jeudi le directeur général Roberto Azevedo.

La réunion ministérielle du 15 au 18 décembre sera la première organisée en Afrique. Tout un symbole, selon le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). "Nous voulons obtenir des succès pour l'Afrique et les pays en développement", a dit à Genève devant la presse M. Azevedo.

Il espère notamment des progrès sur le paquet pour les pays les moins avancés (PMA). Au total, 46 Etats, dont la Suisse, ont déjà notifié un traitement préférentiel pour ces pays. Des améliorations sont possibles sur ce point et sur l'harmonisation des règles d'origine, selon M. Azevedo.

Mais aucune avancée n'est garantie d'ici Nairobi, notamment sur la concurrence agricole, malgré une nouvelle proposition américaine, ou la sécurité alimentaire. Des divisions importantes restent à combler. Selon des sources proches du dossier, l'Inde et l'Afrique du Sud rejettent catégoriquement les propositions sur le commerce des services.

Document attendu

"Les négociations restent toutefois fluides", a indiqué le Brésilien. Les facilitateurs doivent présenter vendredi un texte consolidé sur la base des nombreuses suggestions faites par les Etats.

Autre préoccupation, la mise en oeuvre de l'Accord sur la facilitation du commerce (TFA) décidé à Bali sera difficile d'ici la conférence de Nairobi. Seuls 52 Etats l'ont ratifié, alors que deux tiers des 161 membres sont nécessaires.

Au-delà des thématiques, la question de la poursuite des négociations sur le cycle de Doha et de quelle manière devra-t-elle être réglée par les Etats membres. Les fronts sont opposés et le débat devrait se poursuivre après Doha.

Mais "il y a un consensus pour dire que ce qui a été négocié à Doha ne peut pas être remis en cause", souligne M. Azevedo. Il souhaite que "la capacité de négociation de l'OMC et sa contribution au commerce mondial" soient préservées, mais les Etats décideront.

Deux nouveaux membres

De plus en plus d'accords régionaux sont adoptés entre groupes d'Etats, comme la récente conclusion du Partenariat transpacifique (TPP) entre 12 Etats. Sur de nombreuses questions, le TPP reprend des éléments évoqués à l'OMC, mais il va aussi parfois plus loin. "Les disciplines développées multilatéralement sont très rarement issues du secteur multilatéral". Elles reviennent lorsqu'elles ont atteint une masse critique.

Mais l'OMC devra être attentive à ce type d'initiatives. Notamment parce qu'elles n'intègrent pas les pays en développement, en particulier les PMA, pour lesquels les négociations multilatérales restent la seule plate-forme. Par ailleurs, ces accords régionaux provoquent une prolifération de standards qui ne sont pas toujours compatibles entre eux, souligne M. Azevedo.

Plus globalement, M. Azevedo souhaite un changement de la donne dans l'économie mondiale. Il faut passer "de la phase de stabilisation des économies intérieures à la phase de stabilisation de l'économie globale", a-t-il dit.

A relever, par ailleurs, que le Liberia et l'Afghanistan devraient eux venir étoffer les rangs de l'OMC à Nairobi. L'organisation totalisera alors 163 membres.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."