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L'OIT recommande une semaine avec 2 à 3 jours de télétravail

Une étude menée par l'Organisation internationale du travail (OIT) et Eurofound et publiée la semaine dernière tend à prouver les bénéfices du télétravail sur le rythme de vie et l'équilibre personnel, à condition que l'usage des technologies numériques soit couplé à un droit à la déconnexion.

Travailler depuis chez soi pendant deux à trois jours chaque semaine contribuerait à un équilibre de vie idéal, selon l'OIT et Eurofund.

Crédits: Image: DR

Et s'il était plus efficace de n'être que deux jours par semaine au bureau? Calquer la mesure du temps de travail hebdomadaire sur les horaires de présence sur le lieu de travail ne serait plus judicieux, selon le dernier rapport rédigé et publié conjointement par l'Organisation internationale du travail (OIT) et Eurofound (Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail). Avec son étude intitulée Travailler en tout temps, en tout lieu: les effets sur le monde du travail, l'OIT préconise l'adoption des nouveaux outils, avec quelques précautions d'accompagnement dans leurs usages.

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Dans cette enquête menée dans dix pays membres de l'Union européenne (Allemagne, Belgique, Espagne, Finlande, France, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède) et cinq pays tiers (Argentine, Brésil, Etats-Unis, Inde, Japon), les auteurs constatent d'abord le poids différent du télétravail/travail mobile fondé sur les technologies de l'information et de la communication (T/MTIC) selon les pays. Ce sont surtout les pays du Nord (Finlande, Suède, Pays-Bas) et les Etats-Unis et le Japon qui connaissent un fort taux de salariés ayant recours à ces solutions pour travailler. Au niveau des sexes, les femmes sont davantage sujettes au télétravail alors que, comme le constatent les auteurs de l'enquête, «les hommes sont en général plus susceptibles d'effectuer un T/MTIC que les femmes». Partants de ce constat, ils estiment que «Cela laisse à penser que les rôles attribués aux hommes et aux femmes et les modèles de travail et vie familiale définis au niveau de chaque pays jouent un rôle dans la conception et le développement du T/MTIC».

Distinguer travail à domicile et travail mobile

En partant de cela, les auteurs distinguent le télétravail à domicile du travail mobile pratiqué dans des lieux divers, souvent non choisis. «41% des employés très mobiles font état de niveaux élevés de stress, comparés à 25% chez ceux qui travaillent tout le temps au bureau. En outre, 42% des personnes travaillant en permanence à domicile et 42% des télétravailleurs très mobiles déclarent se réveiller plusieurs fois par nuit, alors qu'ils ne sont que 29% chez les personnes employées sur leur lieu de travail», notent-ils.

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Cependant, ce stress est souvent lié à la multiplicité des supports (ordinateur portable, tablette, smartphone) et des sollicitations (courriels, messageries internes, réseaux sociaux, appels téléphoniques, visioconférence) qui atténuent voire abolissent la frontière entre la vie professionnelle et la vie privée. Pour les auteurs du rapport, sur le long terme il y a même une «tendance à induire un allongement de la durée du travail, à créer un chevauchement entre le travail salarié et la vie privée et à entraîner une intensification du travail».

Un «droit à la déconnexion»

Cependant, les auteurs du rapport ne voient pas que des aspects négatifs dans le télétravail. Selon eux, travailler depuis chez soi présente des avantages pour les salariés comme pour les entreprises. Pour ces dernières, le travail à domicile permet de diminuer l'espace de bureaux nécessaire, tout en améliorant la motivation des collaborateurs ainsi que leur productivité et leur efficacité. Pour les employés, le travail à domicile permet de réduire voire éliminer les déplacements, de gagner en autonomie, et de s'assurer un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Pour y parvenir en limitant les aspects négatifs, l'OIT et Eurofound recommandent de s'inspirer de l'Allemagne et de la France, où des dispositions législatives ont prévu un «droit à la déconnexion», avec interdiction de solliciter un collègue à certaines heures, voire, dans certaines entreprises, des barrières techniques pour empêcher ces interactions entre collaborateurs.

Mais surtout, les auteurs du rapport ont établi que «l'équilibre idéal semble être 2 à 3 jours de travail à domicile. Peut-être que les sociétés devraient y recourir plus souvent, car cela a des effets positifs, non seulement pour les employés mais également pour l'employeur». Une durée qui permet des échanges de visu entre collègues et de conserver un esprit d'équipe, tout en garantissant à chacun une autonomie de gestion du temps et une flexibilité dans la réalisation des missions.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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