Bilan

L'initiative sur l'or amène la SSR à revoir sa politique des sondages

Emetteur de sondages sur les intentions de vote des Suisses, la SSR a modifié sa politique interne d'information en raison de l'impact de l'initiative populaire sur l'or sur les marchés.

La force potentiellement explosive des renseignements fournis a amené la SSR à revoir sa politique d'information interne. Le but de la manoeuvre est de diminuer le risque qu'une personne n'utilise ou ne transmette des informations non encore publiées à des fins mercantiles.

Crédits: Keystone

La SSR a modifié sa politique interne d'information en raison de l'impact de l'initiative populaire sur l'or sur les marchés des capitaux et des métaux précieux. Emetteur de sondages sur les intentions de vote des Suisses, le service public espère ainsi éviter les fuites.

Le sort de l'initiative de l'UDC "Sauvez l'or de la Suisse", soumise à votation le 30 novembre, intéresse grandement les investisseurs. En cas d'acceptation, la liberté d'action de la Banque nationale suisse (BNS) se trouverait limitée, ce qui ne serait pas sans conséquence sur le prix de l'or et le cours du franc.

CERCLE DE DIFFUSION RÉDUIT

Franziska Ingold, responsable des sondages auprès de la SSR, ne peut que constater la "curiosité" des marchés financiers. Après avoir publié le 24 octobre une première enquête sur le sujet, son téléphone n'a pas cessé de sonner. Elle est assaillie de questions diverses et priée de fournir des informations sur le deuxième sondage attendu ces prochains jours.

La force potentiellement explosive des renseignements fournis a, par conséquent, amené la SSR à revoir sa politique d'information interne. Les résultats des sondages effectués par l'institut gfs.bern étaient jusque-là préalablement relayés très largement au sein des nombreuses rédactions du diffuseur public.

Désormais, le cercle de diffusion sera restreint. But de la manoeuvre: diminuer le risque qu'une personne n'utilise ou ne transmette des informations non encore publiées à des fins mercantiles.

CRAINTE ET INDIFFÉRENCE

Les opérateurs actifs sur le marché de l'or ne s'attendent pas vraiment à ce que l'initiative soit acceptée, même si le premier sondage SSR indiquait une légère avance du oui sur le non, avec toutefois une part d'indécis de 17%. Une certaine nervosité se ressent néanmoins parmi les investisseurs.

Ces derniers jours, le prix du métal précieux a légèrement augmenté. Mais il se situe encore nettement en dessous du niveau de cet été. La situation serait bien différente, si la BNS venait à devoir acheter une grande quantité d'or, ce qu'elle serait forcée de faire, à moyen terme, en cas de oui à l'initiative.

Le cours de change euro-franc suisse se retrouvera de même sous pression, en cas d'acceptation du texte de l'UDC. Les marchés financiers apparaissent d'ailleurs aux aguets ces derniers jours.

La monnaie unique européenne cédait ainsi de sa valeur. La Banque centrale européenne (BCE) y a aussi contribué, en envisageant un assouplissement supplémentaire de sa politique monétaire.

SIGNES D'INTERVENTION

L'euro se situe pour l'heure à peine au-dessus du taux plancher de 1,20 franc, instauré le 6 septembre 2011. La BNS lutte contre la surévaluation du franc dans le dessein de garantir la stabilité des prix sur sol helvétique, sa mission première.

Savoir si la BNS doit à nouveau intervenir pour défendre ce cours, ce qu'elle ne fait plus depuis plus de deux ans, se révèle difficile. Depuis vendredi, l'euro tend à évoluer autour de 1,2010 franc, le niveau même qui a conduit la banque helvétique à agir entre 2011 et 2012.

Pour la première fois depuis longtemps, la position des comptes de virement des banques auprès de la BNS a augmenté ces dernières semaines, atteignant 315,7 milliards de francs, soit une hausse de 4,3 milliards. Cela ne constitue pas une preuve, mais un éventuel indice. Car si la banque centrale achète des devises, la contrepartie apparaît en francs.

Mais les analystes ne croient pas en une intervention active de la BNS. "Nous n'avons remarqué aucun signe et ce n'est pas un sujet de discussion sur les marchés", a indiqué à l'agence financière awp un opérateur d'une grande banque helvétique.

Une intervention ne peut certes pas être exclue, "mais on en aurait sûrement plus entendu parler", souligne cet expert. Un autre analyste note que le changement du niveau de liquidités peut aussi résulter d'émissions ou de remboursements d'obligations de la Confédération.

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