Bilan

L’industrie graphique et les imprimeries dans la tourmente

L’annonce de la suppression du tiers des effectifs de l’imprimerie St-Paul à Fribourg est révélatrice de la tempête qui souffle sur cette branche.

L'imprimerie St-Paul supprime entre 25 et 30 emplois à Fribourg.

La crise de l’industrie graphique se poursuit! A Fribourg, l’imprimerie Saint-Paul (elle se présente comme la plus importante de Suisse romande) annonce la suppression de 25 à 30 emplois ou, autrement dit, du tiers de ses effectifs (93 collaborateurs). La direction, qui tentera de limiter le nombre de licenciements, justifie cette mesure par la baisse de 20% du chiffre d’affaires (celui-ci n’est pas publié) entre 2016 et 2017 et la perte qui sera enregistrée cette année.

Lire aussi: Une des plus grandes imprimeries genevoises ferme ses portes

En 2015 et 2016, l’imprimerie avait déjà bouclé ses comptes sur un déficit. Afin d’optimiser les processus de production et de développer de nouveaux services à la clientèle, le Groupe Saint-Paul (il édite le quotidien La Liberté) a décidé de réunir les trois imprimeries qu’il possède en une seule entité.

Un effondrement de la demande

Les difficultés de cette entreprise témoignent de la tourmente qui secoue la branche (25'000 emplois) depuis une quinzaine d’années. Selon les calculs de l’institut de recherche BAK Economics, la valeur ajoutée de l’industrie graphique ne représentait plus en 2016 que les trois quarts des prestations réalisées en 2000, alors qu’elle augmentait de 30% en moyenne dans les autres secteurs d’activité. Après une croissance nulle en 2016, la branche a enregistré un recul de 4,1% de son chiffre d’affaires au 1er trimestre de cette année.

Lire aussi: Tamedia va imprimer les journaux du groupe St-Paul

«Dans les domaines d’activité de la publicité dont dépend en grande partie l’industrie graphique, 2016 connu un véritable effondrement de la demande habituelle (-19.4%)», affirme viscom swiss print & communication association. De même, les exportations ont chuté de 11,6% et les marges bénéficiaires ont une nouvelle fois baissé en réduction des importantes réductions de prix consenties aux clients. Selon viscom, «la branche continue de souffrir des profondes mutations structurelles qui marquent le paysage des médias et de la force du franc.» Résultat: depuis 2009, la moitié des imprimeries ont fermé leurs portes.

«La révolution technologique offre des opportunités d’avenir»

L’industrie graphique a-t-elle touché le fond? Rien n’est moins sûr. Les mutations en cours représentent un véritable défi pour la branche. Seules les entreprises les mieux positionnées parviendront à le relever. Selon une étude récente de BAK Economics, «la révolution technologique offre des opportunités d’avenir: des innovations telles que les livres intelligents, les modèles d’affaires basés sur big data ou encore les solutions photovoltaïques imprimées sont en mesure de créer des impulsions économiques à l’avenir.»

Lire aussi: Imprimerie, radio, TV, internet... et maintenant?

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Du même auteur:

Comment l’Institut de Glion se développe en Gruyère
Le nouveau défi de Bernard Lehmann

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."