Bilan

L'impact des grands marchés émergents reste limité sur la Suisse

Les problèmes que connaissent le Brésil, la Russie, l'Inde et surtout la Chine (BRIC) ont un impact limité sur la Suisse, vu leur poids relativement faible comparé à l'Europe, estiment les experts.

La Chine, deuxième économie mondiale, croît, mais au ralenti. La Russie se trouve en profonde récession, pour cause de sanctions économiques liées à la crise en Ukraine et baisse des prix du pétrole. Le Brésil, gros exportateur de matières premières, souffre de la faiblesse des cours sur ce front.

Crédits: Reuters

L'économie suisse ressent le ralentissement des pays émergents clés. Mais les problèmes que connaissent le Brésil, la Russie, l'Inde et surtout la Chine (BRIC) ont un impact limité, vu leur poids relativement faible comparé à l'Europe, estiment les experts.

La Chine, deuxième économie mondiale, croît, mais au ralenti. La Russie se trouve en profonde récession, pour cause de sanctions économiques liées à la crise en Ukraine et baisse des prix du pétrole. Le Brésil, gros exportateur de matières premières, souffre de la faiblesse des cours sur ce front.

Autant de facteurs qui risquent de freiner, plus qu'attendu, la dynamique du commerce mondial, ont prévenu cet été le groupe d'experts de la Confédération. Or ces pays ont contribué au cours des dernières années à la croissance des soldes commerciaux positifs de la Suisse aussi.

Déjà, certaines exportations helvétiques vers ces régions tirent la langue. Dans la première moitié de l'année, celles de l'industrie des machines destinées à la Chine ont chuté de 8,8%, de 22% vers le Brésil, de près de 27% vers la Russie. Même les livraisons horlogères à destination de l'Inde ont marqué le pas.

LE CRASH CHINOIS

"Le crash boursier chinois va accentuer l'infléchissement dans l'Empire du Milieu", estime Heiner Mikosch, spécialiste des BRIC au centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l'Ecole polytechnique de Zurich. Au premier semestre, le boom du secteur financier a empêché le repli du produit intérieur brut (PIB) chinois.

"Sans cette contribution, la croissance est inférieure à 6,5%", estime M. Mikosch. Elle devrait donc encore se contracter de manière significative. Surtout, les importations chinoises se sont tassées, avec des répercussions pour la conjoncture mondiale.

Mi-juillet, la Banque asiatique de développement (BAD) a d'ailleurs abaissé sa prévision de croissance pour la Chine, à 7% en 2015 et à 6,8% en 2016 (contre 7,2% et 7% en mars). L'Asie émergente dans son ensemble devrait enregistrer une croissance de 6,1% cette année.

PEU D'EFFETS DIRECTS

Pour l'économie suisse en revanche, l'impact sera tempéré, analyse M. Mikosch. "Malgré les risques, l'évolution conjoncturelle des marchés européens s'avère pour l'heure relativement robuste", affirme-t-il.

"L'Union européenne absorbe 56% des exportations helvétiques, la Chine (sans Hong Kong) moins de 5%, la Russie moins de 1%, renchérit Delia Nilles, directrice adjointe de l'Institut Créa de macroéconomie appliquée à l'Université de Lausanne. Même si, pour une petite économie ouverte, ces marchés ne sont pas négligeables.

Il faut s'attendre à des effets indirects, à cause de l'évolution des grandes économies exportatrices vers la Chine, prévient Mme Nilles. En revanche, quelle que soit l'évolution des grands pays émergents, les effets directs pour la Suisse resteront limités, soutient-elle.

Pour rappel, au seul deuxième trimestre, les exportations globales vers la Chine ont gagné 4,5% en comparaison annuelle à 2,2 milliards, mais elles ont dégringolé de près d'un quart vers Hong Kong, à 1,36 milliard. Les livraisons pour la Russie ont chuté à 548 millions (-12,3%). Elles ont atteint 593 millions vers le Brésil (+13,2%) et 425 millions vers l'Inde (+3%).

CHANCES EN INDE

La récession russe s'est quant à elle aggravée au printemps, avec une chute de 4,6% sur un an du PIB. Outre les sanctions économiques contre Moscou, la Russie subit l'onde du choc monétaire de la fin 2014, quand le rouble s'est effondré avec les prix du pétrole.

"La situation en Russie et au Brésil freine la dynamique", convient Daniel Kalt, chef économiste pour la Suisse chez UBS. "Mais le rebond européen compense pour beaucoup", selon lui. En outre, certains marchés sectoriels vitaux, comme la pharma aux Etats-Unis, se portent bien.

L'Inde semble tirer son épingle du jeu. L'estimation de la croissance indienne demeure à 7,8% en 2015 et 8,2% en 2016, grâce à l'investissement et à une abondante saison des pluies qui favorise les récoltes.

Tandis qu'en Chine, les opportunités dans la construction se tarissent, le potentiel du sous-continent indien reste, à long terme, énorme pour les fournisseurs helvétiques, souligne Christa Janjic-Marti, du cabinet de conseil Wellershoff&Partners. Et l'industrie du luxe y est promise à un bel avenir.

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