Bilan

L'euro passe la barre de 1,10 franc

La devise helvétique n'avait pas connu un tel niveau depuis bientôt huit mois.

A 12H35 GMT, le franc suisse continue de lâcher du lest, se traitant à 1,1028 contre un euro.

Crédits: Keystone

Le franc suisse cède du terrain face à l'euro vendredi, la devise helvétique franchissant la barre des 1,10 face à la monnaie unique, soit un niveau qu'elle n'avait pas connu depuis bientôt huit mois.

A 12H35 GMT, le franc suisse continue de lâcher du lest, se traitant à 1,1028 contre un euro.

Selon Andreas Ruhlmann, analyste de marché chez IG (Suisse), deux facteurs expliquent ce mouvement.

D'un côté, les pays de la zone euro donnent des signes de reprise encourageants tant au niveau des prêts bancaires, en expansion, que du chômage et des exportations, constate-t-il dans un commentaire boursier.

"De surcroît, l'euro entretient une relation inverse au risque, ce qui signifie que l'euro est acheté quand des actifs risqués sont vendus, et vice-versa", a-t-il argumenté.

De l'autre, le franc était resté relativement stable durant les récentes secousses sur les marchés financiers. Or il semble que le statut de valeur refuge ne justifie plus les coûts élevés nécessaires pour détenir des francs suisses, a-t-il fait valoir.

Le franc suisse a été sous forte pression depuis le changement de cap dans la politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS), intervenu mi-janvier.

Face aux secousses sur les marchés monétaires en fin d'année, elle avait été contrainte d'abandonner le "taux plancher", qui fixait la parité minimum à 1,20 franc suisse contre 1 euro.

Pour ne pas perdre le contrôle de son bilan, la BNS s'était résignée à abandonner cet instrument, qui supposait potentiellement d'intervenir sur les marchés pour maintenir ce cours.

Mais elle avait parallèlement imposé des taux négatifs sur les dépôts de certains investisseurs auprès d'elle, ce qui a eu pour effet de renchérir le coût des placements en francs suisses, l'objectif étant de décourager les investisseurs de se retrancher derrière sa devise.

Détenir de l'argent en franc suisse est désormais devenu trop cher pour des sociétés telles que les fonds de pension ou les compagnies d'assurance, a ajouté Andreas Ruhlmann qui s'attend à ce que le fléchissement du franc suisse se poursuive si la reprise dans la zone euro se maintient et si la BNS maintient ses taux à des niveaux bas.

"Voir un taux de change à 1,20 d'ici le début ou mi-2016 n'est désormais plus irréaliste", a-t-il jugé.

La BNS doit rendre sa décision trimestrielle de politique monétaire jeudi prochain. 

La force du franc suisse est un véritable casse-tête pour les entreprises exportatrices suisses qui ont vu leur coûts de production exploser, mais également pour des secteurs tels que le tourisme, la Suisse devenant une destination trop onéreuse pour de nombreux vacanciers européens.

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