Bilan

L’effet Guggenheim: le pari gagnant de Bilbao

Le musée Guggenheim de Bilbao célèbre ses vingt ans cette année en octobre. Sa construction a permis de changer complètement l’image de la capitale basque. Retour sur un succès économique retentissant.
  • Le Musée Guggenheim de Bilbao va fêter ses 20 ans à l'automne.

    Crédits: Antoine Harari
  • Plus d’un million de visiteurs sur l’année 2016, dont 90% de touristes étrangers.

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  • Le musée s’autofinance à hauteur de 70%.

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  • En moins de trois ans, l’investissement initial consenti par les entreprises locales a été entièrement remboursé.

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  • Avec ses 160 expositions en vingt ans, le musée a été le catalyseur de l’essor économique et culturel de la ville.

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Nous sommes au début des années 90. Les attentats du groupe terroriste ETA (Euskadi Ta Astakasuna) se succèdent. Bilbao, ville industrielle, subit la crise de la fermeture des chantiers navals de plein fouet. Plus de 25% de sa population est au chômage. C’est alors que la municipalité entend miraculeusement parler du projet de la Fondation Guggenheim de s’installer en Europe.

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Lancé dès la fin de l’année 91, il mettra six ans à être mis à terme. Entre temps, le célèbre architecte Frank Gehry est contacté. Ses formes biscornues et l’allure futuriste du bâtiment sont un succès immédiat. Le musée fait carton plein dès ses débuts. Mieux, en moins de trois ans, l’investissement initial consenti par les entreprises locales est entièrement remboursé. Depuis, les chiffres parlent d’eux même. Le bâtiment adjacent du musée, abrite les bureaux. Ici on s’agite fébrilement pour préparer le vernissage de l’exposition de Georg Baselitz, un peintre allemand de l’après-guerre. Vêtue d’une chemise à fleurs, Mari Luz Egana, la cinquantaine, se met à réciter des chiffres. Et ils donnent le tournis.

Le boom des courts séjours

Plus d’un million de visiteurs sur l’année 2016, dont 90% de touristes étrangers. 485 millions d’euros de retombées économique directes. Plus de 426 millions de contribution au PIB et des recettes fiscales qui ont dépassés les 65 millions avec le maintien de 9000 emplois. De plus, le musée s’autofinance à hauteur de 70%. «Ce projet a redonné aux habitants leur fierté d’habiter leur ville», explique-t-elle fièrement. Pour joindre le geste à la parole, la conservatrice de la fondation Guggenheim. nous montre la carte de la ville avant le musée et après. Où s’élevaient à l’origine des usines qui bordaient la rivière se dresse aujourd’hui le bâtiment du musée cintré d’un parc et d’un nouveau quartier.

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Selon Ana Luz, le musée avec ses 160 expositions en vingt ans, a été le catalyseur de l’essor économique et culturel de la ville. «Avant le musée, il n’y avait quasiment pas de lignes directes pour l’extérieur. Il y a eu easyJet qui est venu, suivis par la plupart des lignes aériennes». Anciennement connue pour son tourisme d’affaires, la ville est devenue une étape touristique importante en Espagne avec des voyageurs qui restent en moyenne 2-3 nuits.  La crise européenne a rendu ce tourisme dit d’escapades courtes plus avantageux que les longs voyages dans des destinations exotiques devenues hors de portée des bourses de la classe moyenne européenne. Ainsi les premiers visiteurs sont les Français qui représentent 18% des touristes qui viennent voir le musée.

6% du PIB basque vient du tourisme

Ouvert en 2014, Bilbao Tourisme a pris ses quartiers à quelque centaines de mètres, dans le plus vieil hôtel de la ville. Fondé pour l’occasion, Bilbao Tourisme, et son élégant directeur, Zigor Bereziartua, se rappelle d’années difficiles. «Nous étions le moteur économique de l’Espagne jusque dans les années 80. Avec le dumping pratiqué par les Chinois, la ville a du se réinventer». Tenant une feuille de statistiques à la main, il montre la courbe du tourisme qui a pris l’ascenseur depuis les années 90 au point qu’elle est visible à l’œil nu. Mais s’il reconnait que le musée a joué un rôle important pour le renouvèlement de la ville, il tempère son poids sur l’économie basque: «Le tourisme ne compte que pour 6% du PIB ici. Nous sommes surtout connus pour notre caractère sérieux et travailleur. C’est pour ça que tant d’entreprises allemandes continuent à produire leurs marchandises chez nous».

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Antoine Harari

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