Bilan

L’économie vaudoise au bleu ciel

Tous les signaux sont au vert avec une hausse attendue du PIB de 2,5% cette année. Mais des nuages obscurcissent un coin d’horizon.

La bonne dynamique s’explique notamment par l’embellie de la conjoncture mondiale depuis 2016, d'après Jean-Pascal Baechler, de l’Observatoire BCV de l’économie vaudoise

Crédits: keystone

La chimie-pharma, le commerce, les activités immobilières et les services aux entreprises vont bien. Ils devraient afficher, cette année comme l’an prochain, une croissance marquée de l’ordre de 2%, d'après les dernières prévisions calculées par le CREA et publiées par la Banque cantonale vaudoise (BCV), l’Etat de Vaud et la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI). 

Si la construction, les services publics et para-publics devraient connaître une légère baisse de régime et une croissance modérée (entre 0,5 et 2%) en 2019, l’industrie des machines et l’horlogerie, l’industrie alimentaire, les services financiers, les transports et le télécommunications, ainsi que l’hôtellerie et la restauration devraient voir leur activités se développer à un rythme modéré, en 2018 comme en 2019 : « La bonne dynamique s’explique notamment par l’embellie de la conjoncture mondiale depuis 2016 », commente Jean-Pascal Baechler, de l’Observatoire BCV de l’économie vaudoise. Elle s’observe aussi bien dans les pays émergents qu’aux Etats-Unis ou dans la zone euro. Une monnaie qui a regagné du terrain par rapport au franc, avec une appréciation d’environ 10% depuis le début de 2017. L’entrée en vigueur de la 3e réforme de l’imposition des entreprises (RIE III vaudoise) constitue aussi une bonne nouvelle pour l’économie du canton, même s’il va falloir du temps pour constater ses effets, précise Guy-Philippe Bolay, directeur-adjoint de la CVCI.

Les préoccupations des entreprises vaudoises

Restent les facteurs d’incertitudes : arrivent en tête l’excès des réglementations, le manque de liquidités et la concurrence entre entreprises, ainsi que la recherche de nouveau clients, relève le baromètre des préoccupations de la CVCI : « La difficulté à recruter du personnel est souvent mentionnée, relève Guy-Philippe Bolay. Est-ce un bon signe ? Le peuple suisse a voté pour limiter l’immigration massive, ce qui va se traduire dès le 1er juillet prochain par la préférence accordée aux chômeurs indigènes. Il faudra voir à l’usage la concrétisation de cette mesure. » Pas sûr que toutes les branches de l’économie y trouvent leur avantage… Il est des secteurs, comme la restauration et l’hôtellerie, où les frontaliers accomplissent des tâches que les Suisses dédaignent. Plus récemment, le recours constitutionnel décidé par la gauche du Grand conseil contre les mesures de la LAT risque de prolonger le moratoire actuel et entraîner des conséquences pour les entreprises qui désirent se développer : « La Suisse n’a aucun intérêt au protectionnisme », s’accordent à dire les experts, qui voient d’un mauvais œil les conséquences du Brexit et l’évolution des relations avec l’Union européenne.

 

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Les perspectives de délocalisation (notamment l’informatique à Barcelone) de Nestlé, voulues par son nouveau directeur général Mark Schneider, sont dans le collimateur des dirigeants économiques vaudois, lesquels soulignent que le contact est maintenu entre les autorités et le géant alimentaire : « Quand Nespresso a installé son site à Lausanne, les autorités lausannoises n’ont pas levé le petit doigt », déplore cependant Guy-Philippe Bolay, qui y voit un manque de reconnaissance. Dans le contexte d’une multinationale de cette dimension, il faut bien voir qu’une marque qui s’en va peut être remplacée par une autre : « Il n’est pas sûr que la région lémanique soit la plus menacée ».

La place de l’innovation

« L’innovation ne se décrète pas, elle se vit au quotidien », relève pour sa part Raphaël Conz, le nouveau chef de service par interim du Service de la promotion économique vaudoise (SPECo). Si le canton de Vaud n’est pas encore la Silicon-Valley de la Suisse, il accueille une centaine de quartiers généraux des fleurons de renommée mondiale (avec 52'000 emplois), parmi lesquels Medtronic, Ferring, Accuray, Incyte, etc. 

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De 2012 à 2016,  quelque 152 millions de francs d’aides financières ont été accordés aux entreprises et 133 entreprises créées grâce au soutien d’Innovaud et de Genilem. Avec l’effet de levier produit, que l’on estime à quatre fois la mise, cela donne 614 millions d’investissements générés par les entreprises concernées ou 4000 nouveaux emplois créés. Parmi les nouveaux secteurs de développement, le domaine du drone, qui nécessite la combinaison du génie mécanique et du génie informatique, est à relever : la dernière venue, Flyability, a permis la création d’une soixantaine d’emplois : « Les startup créent des emplois, c’est prouvé. La moyenne est de 60 postes par entreprise », comptabilise Raphaël Conz.

 

Oliver Grivat

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