Bilan

L’économie au cœur de la visite d'Obama au Mexique

Le président américain est attendu ce jeudi au Mexique pour une visite de 24 heures centrée sur la coopération économique et l’immigration après plusieurs années de priorité quasi exclusive à la lutte contre les cartels de la drogue.
Il s’agit du quatrième déplacement de Barack Obama au Mexique, mais le premier depuis la prise de fonction le 1er décembre du président mexicain Enrique Peña Nieto, qui souhaite redéfinir les priorités des relations entre les deux pays.

Aujourd’hui, Mexique et Etats-Unis sont d’accord pour "équilibrer et diversifier la relation", a assuré à l’AFP Sergio Alcocer, vice-ministre mexicain des Relations extérieures, chargé de l’Amérique du Nord.

Le président Obama l’a reconnu mardi: "Il va être beaucoup question d’économie. Nous avons passé tellement de temps sur les questions de sécurité entre les Etats-Unis et le Mexique que parfois je pense que nous oublions qu’il est un énorme partenaire commercial".

Barack Obama doit arriver à Mexico en début d’après-midi puis se rendre directement au Palais national pour une rencontre avec le président mexicain, suivie d’une conférence de presse. Un diner est prévu dans la soirée à la résidence présidentielle de Los Pinos.

Au Costa Rica aussi

Vendredi matin, le président américain doit prononcer un discours au Musée d’anthropologie de Mexico avant de reprendre l’avion peu après midi pour sa deuxième et dernière étape en Amérique latine, le Costa Rica.

Le Mexique, partenaire depuis 1994 des USA et du Canada au sein de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena), est le deuxième plus gros client et le troisième fournisseur des Etats-Unis. Les échanges annuels entre les deux pays atteignent quelque 500 milliards de dollars (380 milliards d’euros).

Contre les narcotrafiquants

Pendant les six années de gouvernement du précédent président, Felipe Calderon (2006-2012), la lutte contre les narcotrafiquants a accaparé l’agenda entre les deux pays.

Face à la montée en puissance des cartels, Calderon avait reçu une aide américaine à travers l’Initiative Merida, un plan signé en 2007 par George W. Bush à hauteur de 1,9 milliard de dollars. Parallèlement une grande liberté était laissée aux agences de sécurité ou de renseignement américaines pour agir directement avec leurs homologues mexicains.

"A la différence du gouvernement précédent, où plusieurs agences collaboraient en matière de sécurité, maintenant nous avons un grand parapluie, celui du ministère de l’Intérieur pour une meilleur coordination", a souligné M. Alcocer.

Inquiétude sur la stratégie sécuritaire Les autorités américaines sont curieuses, sinon inquiètes, du tournant annoncé de la stratégie de sécurité que met en place le nouveau gouvernement mexicain, sans qu’on en connaisse encore le détail. Le président Obama a indiqué mardi qu’il "n’allait pas juger comment cela allait modifier la relation" entre les deux pays "jusqu’à à ce que nous entendons de leur part ce qu’il veulent accomplir exactement".

Le gouvernement du Mexique a indiqué clairement son objectif stratégique: freiner les violences liées au crime organisé qui a fait plus de 70'000 morts au cours des six dernières années.

"Le gouvernement du président Peña met surtout l’accent sur la réduction de la violence par le biais d’un plan de prévention", a souligné M. Alcocer.

Les chiffres de la violence

Mais, pour l’instant, le Mexique n’a pas remis en cause le principe du déploiement massif des militaires, décidé en 2006 par Calderon, et les chiffres de la violence n’ont pas connu de baisse significative au cours des premiers mois de la nouvelle présidence.

Les analystes ont aussi interprété l’arrestation et la présentation spectaculaire mardi d’Ines Coronel Barreras, beau-père de Joaquin "El Chapo" Guzman, le "capo" le plus recherché au Mexique et aux Etats-Unis, comme un gage de la volonté du Mexique de poursuivre la lutte contre les groupes criminels.

Alors que le président Obama s’apprête à défendre une réforme de l’immigration vue d’un bon oeil par le Mexique qui compte une frontière de plus de 3’000 km avec son voisin du nord, les deux présidents vont aussi discuter de mesures pour "faciliter un flux de personnes légal, ordonné, sûr et efficace" a indiqué M. Alcocer.
Jugurtha Aït-Ahmed

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