Bilan

L'attentat de Nice assombrit le sommet Europe-Asie

Le 11e sommet Europe-Asie s'est ouvert vendredi à Oulan-Bator par une minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat meurtrier perpétré jeudi soir à Nice.

"C'est un jour triste pour la France, pour l'Europe, pour nous tous ici en Mongolie", a de son côté déclaré à la presse le président du Conseil européen Donald Tusk à son arrivée.

Crédits: AFP

Le 11e sommet Europe-Asie (Asem), qui s'est ouvert vendredi à Oulan-Bator, était endeuillé par l'attentat de Nice, et hanté par le récent regain de tensions sur la mer de Chine méridionale, plusieurs pays voulant aborder le sujet au grand dam de Pékin.

Cette réunion bisannuelle, qui rassemble les représentants d'une cinquantaine de pays, se veut un forum destiné à renforcer les coopérations économiques et politiques à travers le continent eurasiatique.

Mais l'actualité la plus immédiate a bouleversé l'agenda initial. La réunion s'est ouverte par une minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat meurtrier perpétré jeudi soir sur la Promenade des Anglais à Nice, et qui a fait au moins 80 morts.

Le président mongol Tsakhiagiyn Elbegdorj a exprimé sa "solidarité", selon une source diplomatique.

"C'est un jour triste pour la France, pour l'Europe, pour nous tous ici en Mongolie", a de son côté déclaré à la presse le président du Conseil européen Donald Tusk à son arrivée.

"Il est tragique de voir que l'attentat visait des personnes célébrant la liberté, l'égalité, la fraternité. (...) Nous nous unissons au peuple de France et au gouvernement français dans leur combat contre la violence et la haine", a-t-il ajouté.

Dans un bref message en mandarin, le Premier ministre chinois Li Keqiang a offert ses "condoléances" aux victimes, en rappelant que Pékin "était opposé à toute forme" de terrorisme.

La forte poussée de fièvre autour des différends territoriaux en mer de Chine méridionale était également dans tous les esprits.

La réunion mongole survient en effet quelques jours après un arbitrage international désavouant de façon retentissante les prétentions de Pékin sur la quasi-totalité de cette mer stratégique.

La Cour permanente d'arbitrage (CPA) de la Haye, saisie par les Philippines, a jugé que la Chine n'avait pas de "droits historiques" justifiant sa position. Si cette sentence est au premier chef une victoire pour Manille, elle est suspectible de concerner d'autres pays riverains: le Vietnam, la Malaisie, Brunei, ou encore l'Indonésie.

'Tous les sujets' sur la table

La Chine a réagi avec fureur au jugement de la CPA, martelant qu'elle ne le respecterait pas, tout en mettant en garde contre le risque de transformer la région en "berceau de la guerre".

Le sujet devrait largement s'inviter dans les discussions et rencontres bilatérales prévues vendredi et samedi en Mongolie, où sont présents tous les pays ayant des revendications dans la zone.

"Tous les sujets possibles sont en discussion", a confirmé jeudi à l'AFP le ministre vietnamien des Affaires étrangères Pham Binh Minh. "Nous saluons l'issue de l'arbitrage", a-t-il ajouté.

Manille, de son côté, souffle le chaud et le froid. Le nouveau président Rodrigo Duterte a ainsi annoncé jeudi soir l'envoi d'un émissaire en Chine "pour lancer des pourparlers", un signal apparemment apaisant.

Mais les Philippines ont également prévenu que leur ministre des Affaires étrangères Perfecto Yasay comptait bien, à Oulan-Bator, "discuter de l'approche pacifique, fondée sur le droit, des Philippines -- et de la nécessité pour les parties de respecter la récente décision du tribunal arbitral".

Le simple fait d'aborder la question ne devrait pas manquer d'irriter Pékin, qui avait prévenu vertement que le sommet de l'Asem n'était pas "un lieu approprié" pour en discuter.

Mais la Chine semble quelque peu isolée. Le Premier ministre nippon Shinzo Abe a lui aussi clairement indiqué, avant son départ pour la Mongolie, qu'il désirait y débattre du différend et "de l'importance d'une résolution pacifique fondée sur le droit".

Alors que de vifs différends territoriaux opposent également Pékin et Tokyo en mer de Chine orientale, Shinzo Abe doit rencontrer Li Keqiang dans la journée, selon les agences japonaises.

De façon plus générale, plusieurs dirigeants ont rappelé l'importance des cadres légaux internationaux, qui accompagnent entre autres la coopération sur le terrorisme.

"Le dialogue et un solide engagement à respecter l'ordre international basé sur le droit sont nécessaires. Des règles communes et prévisibles rendent les Etats plus sûrs", a ainsi insisté Donald Tusk.

Enfin, la réunion d'Oulan-Bator -pour laquelle la chancelière allemande Angela Merkel et le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault ont fait le déplacement- pourrait être l'occasion d'évoquer le Brexit, le vote britannique ayant suscité perplexité et alarme parmi les pays asiatiques, désormais désireux de clarifications.

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