Bilan

L'Asie va pâtir du ralentissement chinois

La croissance modérée en Chine et en Inde et les retards de la reprise dans les pays avancés vont peser sur l'ensemble de l'Asie.

"Malgré tout, l'Asie devrait continuer à être la région contribuant le plus à la croissance mondiale", a observé M. Wei.

Crédits: Reuters

L'ensemble de l'Asie devrait pâtir cette année du ralentissement de la croissance chinoise, a estimé mardi la Banque asiatique de développement (ADB), dernière institution en date à revoir à la baisse ses prévisions pour la deuxième économie au monde.

"Les perspectives d'une croissance modérée en Chine et en Inde et les retards de la reprise dans les pays avancés ont pesé sur nos prévisions pour l'ensemble de la région", a déclaré mardi l'économiste en chef de l'ADB, Shang-Jin Wei lors d'une conférence de presse au Club des correspondants étrangers (FCC) de Hong Kong.

Dans une actualisation de ses prévisions de mars, l'ADB estime que la croissance en Asie devrait être de 5,8% cette année et de 6% l'an prochain. Elle avait tablé en mars sur une croissance de 6,3% les deux années.

"Malgré tout, l'Asie devrait continuer à être la région contribuant le plus à la croissance mondiale", a observé M. Wei.

S'appuyant sur une récente série d'indicateurs chinois décevants, l'ADB prévoit par ailleurs une croissance du PIB chinois de 6,8% cette année, alors qu'elle tablait en mars sur 7,2%.

Les craintes quant à la santé de l'économie chinoise ont récemment fait souffler un vent de panique sur les Bourses mondiales.

Lors d'un point presse à Pékin, Jurgen Conrad, chef du département économique de l'ADB, a indiqué que la révision à la baisse de ces prévisions était "principalement due au retard de la reprise dans les pays industrialisés qui a réduit la demande en exportation".

Mais il a également pointé des facteurs exceptionnels comme un typhon, la fermeture d'usines qui a précédé le défilé militaire du 3 octobre, ou encore l'explosion dans le port de Tianjin.

Si elle s'avérait exacte, la prévision de l'ADB signifierait que le taux de croissance chinois est tombé à son plus bas niveau depuis 1990, année où la Chine avait été pénalisée par les sanctions consécutives à Tiananmen.

Le chiffre de l'ADB est en outre en dessous de l'objectif officiel de Pékin d'une croissance d'environ 7%.

L'ADB n'est que la dernière organisation internationale à tempérer son optimisme pour la Chine. L'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a récemment ramené sa prévision de croissance chinoise en 2015 de 6,8 à 6,7%.

L'ADB a également revu son estimation pour l'Inde de 7,8% à 7,4%, pointant la lenteur des réformes et une faible demande extérieure.

Après des décennies d'une croissance à deux chiffres, les autorités chinoises sont en train d'amorcer un douloureux virage vers un nouveau modèle de croissance, qui s'appuie davantage sur la consommation et moins sur les investissements publics.

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