Bilan

L'accord fiscal laisse la presse américaine quasi indifférente

Toujours prompte à pointer du doigt la Suisse et sa fiscalité, la presse américaine est lapidaire au lendemain de l'annonce du règlement du conflit fiscal avec les Etats-Unis.
Huit cents petits mots. C'est, en moyenne, ce que consacrent aujourd'hui les médias américains à la proposition du Conseil fédéral intervenue hier pour régler le conflit fiscal. Rien à voir avec la période où certains grands quotidiens outre-Atlantique faisaient carrément leur Une sur le petit méchant Suisse renâclant systématiquement à coopérer avec le fisc américain.

Le New York Times qualifie toutefois de «tournant» ce qui «a été un conflit en escalade entre la Suisse et les Etats-Unis», tout en plaçant l'information dans un coin de sa une. Et de reconnaître, fair-play, que «les autorités américaines ont cherché à tout prix, quitte à être agressives, à connaître les noms des clients américains de banques suisses et à obtenir leurs données bancaires». Avant de détailler: «Les banques suisses qui acceptent de coopérer pourraient néanmoins quand même être poursuivies, mais pas inculpées» (contrairement à ce qui a prévalu jusqu'à présent, avec UBS ou Wegelin, ndlr).

Des milliards en amendes

Le vénérable quotidien s'aventure finalement à évoquer le possible montant de l'amende que pourraient payer les banques suisses pour se mettre au diapason de l'accord: entre 7 et 10 milliards de dollars (presque autant de francs suisses), que la Confédération pourrait devoir avancer avant d'en réclamer le remboursement.

A travers la plume de son correspondant à Zurich, The Wall Street Journal Europe , revient sur [notre] «pratique presque centenaire du secret bancaire», expliquant qu'elle a été particulièrement «critiquée lorsque les Etats à court d'argent ont traqué les fraudeurs du fisc pour augmenter leurs recettes».

Le quotidien indique également que le département fédéral des Finances s'est dépêché d'agir sous la pression américaine parce que «les Etats-Unis n'étaient pas prêts à attendre plus longtemps» un accord qui solutionnait le conflit avec les banques suisses lesquelles seraient sempiternellement restées exposées à d'autres futures enquêtes et inculpations.

Impensable il y a encore peu

Le correspondant de Zurich, qui prend la peine d'interroger autorités suisses, banquiers suisses et d'outre-Atlantique, rapporte également le commentaire satisfait d'une fiduciaire basée à Londres: «Les banques suisses s'apprêtent à faire un pas vers la transparence qui était encore impensable il y a quelques années».

L'agence Reuters tente, elle, une estimation des gains engrangés par la Suisse en dehors de son territoire grâce à sa tradition du secret bancaire: «Le secret bancaire a aidé la Suisse à bâtir une industrie financière offshore de 2 milliards de dollars (presque autant de francs suisses)». Autant d'argent qui filera, dès l'accord du parlement, ailleurs?















Marion Moussadek

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