Bilan

L'abandon des bilatérales I coûterait des milliards à la Suisse

Moins d'emplois, nouvelles barrières commerciales et chute du PIB: un abandon des accords bilatéraux I aurait "des conséquences négatives considérables" pour l'économie suisse, selon deux études.

Il faudrait en outre escompter d'autres effets négatifs du fait que la place économique perdrait de son attrait et de l'incertitude entourant les relations de la Suisse avec son principal partenaire commercial, soulignent les deux études.

Crédits: Keystone

Moins d'emplois, nouvelles barrières commerciales et chute du produit intérieur brut (PIB): un abandon des accords bilatéraux I aurait "des conséquences négatives considérables" pour l'économie suisse, selon deux études.

Le Conseil fédéral a pris connaissance vendredi de deux études scientifiques analysant les effets macroéconomiques au cas où la Suisse et l'UE n'arrivaient pas à trouver un accord sur la libre circulation des personnes à la suite de la votation du 9 février. Le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) avait mandaté deux instituts de recherche indépendants, BAKBASEL et Ecoplan.

Si la clause dite de "guillotine" était activée, c'est tout le paquet des bilatérales I qui deviendrait caduc dès 2018. Et dans ce cas, le résultat des deux études est clair: les conséquences seraient énormes.

Elles révèlent que les pertes cumulées jusqu'en 2035 représenteraient un recul du PIB de 460 à 630 mrd CHF, soit environ un "revenu annuel" actuel de la Suisse, selon le communiqué du SECO. En moyenne, le PIB annuel serait inférieur de 32 mrd CHF. Un chiffre qui correspond grosso modo à la performance économique d'un canton de taille moyenne comme Saint-Gall ou à celle du secteur suisse du bâtiment.

Selon Ecoplan, en 2035, le PIB serait inférieur de 4,9% (sans tenir compte de l'accord sur la recherche) au scénario supposant le maintien des bilatérales I, tandis que BAKBASEL estime que le PIB serait inférieur de 7,1%.

Le PIB par habitant serait quant à lui inférieur de 1,5%, selon l'étude d'Ecoplan, voire de 3,9% selon celle de BAKBASEL, en 2035, toujours par rapport au scénario "maintien des bilatérales I".

D'autres effets

Il faudrait en outre escompter d'autres effets négatifs du fait que la place économique perdrait de son attrait et de l'incertitude entourant les relations de la Suisse avec son principal partenaire commercial, soulignent les deux études.

Par exemple, contingenter l'immigration entraînerait une réduction de l'offre de travail et pousserait les coûts du recrutement à la hausse, démontrent-elles. La disparition des autres accords sur l'accès aux marchés créerait de nouvelles barrières commerciales et limiterait l'accès aux marchés.

Il en résulterait une détérioration de la compétitivité de la Suisse, ce qui aurait des conséquences négatives sur son commerce extérieur et freinerait la concurrence sur le marché domestique.

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