Bilan

Jura : le référendum de Moutier invalidé

Les autorités régionales du Jura Bernois ont invalidé le référendum de 2017 sur le transfert de la commune de Moutier dans le canton francophone du Jura, une décision dénoncée par les partisans du rattachement à ce dernier.

Moutier devait devenir jurassienne le 1er janvier 2021.

Crédits: keystone

Le 18 juin 2017, les habitants de Moutier, francophones, avaient décidé de rejoindre le Jura, en quittant le canton alémanique de Berne. Ce référendum populaire avait été organisé à la demande de la population de la commune. Moutier, commune de quelque 7.700 habitants, devait ainsi devenir jurassienne le 1er janvier 2021.

C'était sans compter sur la préfecture du Jura Bernois qui a jugé lundi recevables les recours déposés par des citoyens antiséparatistes, pour qui il y a eu des zones d'ombre sur le registre électoral. Le scrutin du 18 juin 2017 était placé sous la surveillance d'observateurs fédéraux à l'issue d'une campagne parfois tendue. Des mesures exceptionnelles avaient été prises pour éviter des irrégularités lors de cette consultation dans cette commune divisée depuis longtemps entre les "pro-Berne" et les "pro-Jura".

"Ignominie"

S'exprimant lundi dans les médias, le maire autonomiste de Moutier, Marcel Winistoerfer, a qualifié "d'ignominie" l'invalidation du vote. Plus sobrement, le conseil municipal de Moutier s'est insurgé dans un communiqué "contre cette décision qui remet en cause la volonté populaire", indiquant qu'il se réserve le droit de la contester devant une instance supérieure. Le groupe séparatiste Bélier a parlé, lui, d'un "scandale", tandis que son adversaire pro-bernois Sanglier a appelé à la démission des membres de la municipalité de Moutier, a rapporté l'agence suisse ATS.

Face à cette situation, la ministre de la Police et Justice, Simonetta Sommaruga, qui a un rôle de médiatrice dans ce dossier, a cherché à apaiser les tensions, soulignant que cette décision n'est pas finale. Dans un communiqué, "elle espère que la décision sera reçue dans la sérénité et appelle au calme", avant la prochaine réunion à ce sujet qui doit se tenir dans le courant du mois.

Le ministère ainsi que les observateurs fédéraux n'étaient pas chargés de surveiller le déroulement de la campagne précédant la votation et précisent qu'"ils n'étaient pas non plus en mesure de se prononcer sur les soupçons de domiciliations fictives".

 

 

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