Bilan

Johann Schneider-Ammann s'inquiète d'une désindustrialisation rampante

Johann Schneider-Ammann a passé en revue les défis de la place économique helvétique devant les entreprises qui paient le plus d'impôts au fisc vaudois.

"Perdre dix places de travail par-ci et une douzaine par-là dans le cadre de délocalisations qui ne disent pas leur nom, cela peut se cumuler en milliers d'emplois perdus. Or, en tant que ministre de l'économie, les places de travail sont au centre de mes préoccupations", a affirmé Johann Schneider-Ammann.

Crédits: Keystone

La Suisse doit éviter à tout prix "une désindustrialisation rampante", a mis en garde mardi à Rolle (VD) Johann Schneider-Ammann. Le conseiller fédéral a passé en revue les défis de la place économique helvétique devant le Club des 100 qui réunit les entreprises qui paient le plus d'impôts au fisc vaudois.

Parmi les nombreux sujets abordés, le chef du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR) a mis en exergue l'importance de l'industrie, selon son discours écrit. "Ce qui m'inquiète le plus, c'est une désindustrialisation rampante de la Suisse."

"Perdre dix places de travail par-ci et une douzaine par-là dans le cadre de délocalisations qui ne disent pas leur nom, cela peut se cumuler en milliers d'emplois perdus. Or, en tant que ministre de l'économie, les places de travail sont au centre de mes préoccupations", a affirmé Johann Schneider-Ammann.

Dans ce contexte, le ministre a promis de se battre afin de maintenir l'attrait des conditions cadres suisses. Après le vote du 9 février 2014 sur l'immigration de masse, le gouvernement doit certes respecter le vote du souverain, mais aussi mettre en oeuvre ce vote "tout en préservant les accords bilatéraux" avec l'Union européenne (UE).

Ces accords sont "centraux pour la prospérité de notre pays". Ceux qui le contestent "jouent avec le feu", a relevé Johann Schneider-Ammann. Le Bernois n'a pas caché que sa préférence irait à "une forme ou une autre de clause de sauvegarde" avec l'UE sur ce dossier.

Pour conserver l'attrait de la Suisse, le conseiller fédéral a aussi insisté sur la réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III) et en particulier sur le niveau d'imposition unique qui sera retenu. "C'est clair: le taux d'imposition final sera décisif pour juger de l'attractivité de notre place économique."

Enfin, le ministre de l'économie a plaidé en faveur de meilleurs encouragements et soutiens pour les start-up. "Une des faiblesses de la plate-forme suisse de l'innovation, c'est le financement." Trop souvent, les jeunes doivent partir à l'étranger pour trouver le capital nécessaire afin de lancer des entreprises commercialement viables, a-t-il déploré.

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