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Joël Dicker a vendu 1,5 million de livres!

Un an après sa parution, «La vérité sur l’affaire Harry Quebert» rencontre un succès mondial inégalé pour un roman genevois. Joël Dicker revient sur des chiffres qui donnent le vertige.
  • L’écrivain Joël Dicker: «En ce moment, je vis un moment charnière. Je dois trouver le moyen d’avoir du temps pour moi.» Crédits: Kovarik/AFP

Les chiffres obtenus par Bilan sont inédits. Douze mois après sa parution, La vérité sur l’affaire Harry Quebert dépasse les 850 000 exemplaires vendus en français, les 330 000 en Italie et les 150 000 en Espagne. «Si on ajoute les livres étrangers, à l’heure actuelle, on en est certainement à 1,5 million», précise l’éditeur Bernard de Fallois, contacté par Bilan. «Parmi les grands succès que j’ai connus, aucun n’avait rencontré un tel engouement à l’étranger.» Entretien.

Joël Dicker, un million et demi d’exemplaires, ça donne le vertige?

Oui, ça donne le vertige. Mais j’ai toujours le nez sur l’étape d’après. Je pense que c’est très salutaire quand on est encore jeune et que c’est la première fois — peut-être la dernière — qu’arrive un tel succès.

Où sont vos prochaines promotions?

La Pologne pour sûr, la Tchéquie et la Hongrie peut-être… 32 langues font à peu près 45 pays. S’il faut passer quatre ou cinq jours, soit une semaine ouvrable, dans chaque pays, on passe une année sur la route. Cela fait un an que le livre est paru et j’ai envie de continuer mon travail. Le grand dilemme, c’est de réussir à dire non aux éditeurs étrangers et aux journalistes.

Avez-vous retrouvé votre rythme d’écriture?

Oui, mais différemment. Des écrivains m’ont dit: ton statut a changé, tu dois faire de la promo et apprendre à écrire dans le train, dans l’avion, à gauche et à droite.
J’ai réussi à prendre le pli, écrire en voyage ou à l’hôtel, me concentrer même sur un quart d’heure. J’ai des carnets dans lesquels j’écris, ce que je faisais moins avant parce que j’ai tendance à les perdre. 

Allez-vous aussi changer de mode de vie, vous installer ailleurs?

Je ressens plutôt le besoin de m’isoler. En ce moment, je vis un moment charnière. En France, la rentrée littéraire a finalement balayé La vérité. Il n’est plus dans les quinze best-sellers pour la première fois depuis 49 semaines. Ça veut dire qu’enfin le vent a tourné et que je dois trouver le moyen d’avoir du temps pour moi, avec l’espoir de revenir avec un livre.

Vous êtes devenu l’auteur suisse romand le plus vendu de tous les temps, notamment devant Jacques Chessex, Nicolas Bouvier, Ramuz… Vous arrive-t-il de vous dire «pourquoi moi»?

Ce qui relativise, c’est que je n’arrive pas à leur cheville: ils n’ont pas simplement écrit un livre qui a marché, mais ont bâti une œuvre. Le plus important pour moi, c’est de tenter de montrer que je peux aller plus loin.

Avec le succès viennent des inconvénients, lequel est le plus insupportable?

C’est toujours dur de se plaindre du succès, puisque beaucoup de bonnes choses viennent avec! Le fait que votre vie ne vous appartient plus. Vous allez boire un verre avec un ami, vous pensez lui parler de soucis personnels, et à la table d’à côté deux personnes vous abordent et vous savez qu’elles vous écoutent. Il faut donner ses propres limites.

Vous êtes devenu une marque suisse, comme Federer ou l’EPFL. Vous sentez-vous spécifiquement Suisse?

Oui, je me sens spécifiquement Suisse, d’autant plus à l’étranger où je donne des conférences pour les représentations suisses. Tout d’un coup vient un attachement très fort: on fait partie d’une équipe qui promeut les valeurs de la Suisse à l’étranger.

Du côté des Etats-Unis, où en est le projet d’adaptation au cinéma?

Il est en stand-by depuis trois ou quatre mois: la prochaine étape sera que le livre soit disponible en anglais pour que les réalisateurs intéressés puissent vraiment se prononcer. En Angleterre et en Australie, ce sera probablement en avril 2014. Pour le marché Canada-USA, on est en train de voir ce qui va se passer. 

 

Paul Ronga

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