Bilan

Jets privés pour destinations en mal d'amour

Redonner du confort à des vols qui en sont dépourvus est l'objectif de "La Nova". La société genevoise veut séduire les déçus de l'aviation commerciale avec une offre hybride alliant "Fast Track" et lounges. Le service prend son envol le 1er octobre.

L'ATR de type 72 est le modèle qui sera utilisé dans un premier temps.

Crédits: ATR

Si les voyageurs étaient plus de 7 millions à transiter par l'aéroport de Genève en 2001, on en comptait plus de 17 millions en 2016. L'évolution du nombre de passager est loin d'être un phénomène local puisqu'il concerne tous les aéroports, comme le prouvent les chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS).

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«Cet engouement pour le voyage a engendré des effets néfastes» assène Ludovic Rossé, CFO chez La Nova (ou flylanova). Il dénonce notamment le nivellement des services par le bas, le nombre de vols annulés et surtout la communication des compagnies en général. Les vols low-cost ont pour lui profondément changé le secteur de l'aviation, en mal. C'est pourquoi il a fondé sa propre compagnie, ciblant les adeptes de voyages confortables.

Transition entre la voiture et l'avion en 20 minutes, carrés de sièges dans les avions et service client aux petits soins: les cinq fondateurs de La Nova espèrent séduire un public qu'ils estiment oublié. Si plusieurs structures permettent aujourd'hui de louer un jet - ou d'y réserver des sièges pour un vol - le modèle est un peu différent chez la société genevoise. «Nous appliquons le modèle commecial mais depuis le terminal de l'aviation d'affaires» résume Ludovic Rossé. En d'autres termes: les vols sont à horaire fixe, et l'avion circulera peu importe le nombre de passagers à bord.

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Loin des capitales, proche des autres

L'une des particularités de La Nova est d'éviter les grandes capitales européennes. Parmi les premières destinations proposèes dès le 1er octobre, le réseau comptera Anvers, Bologne, Dinard, Florence, Hyères, La Rochelle, Marseille, Montpellier, Nice, St-Moritz, Stuttgart et Turin. Autant de villes qui sont pour Ludovic Rossé difficiles d'accès à certains moments de l'année - ou même oubliées par les compagnies traditionnelles. Toutefois, les potentiels voyageurs sont nombreux. «Ce sont des destinations à résidences secondaires» explique le CFO, en détaillant ensuite les différentes transitions pour rejoindre certaines villes. Avion, puis train et location de voiture sont autant de transports qui empêchent les personnes de s'y rendre. Car le temps est bien l'un des facteurs déterminants chez les déçus de l'aviation commerciale. «Nous avons réalisé une étude de marché, pour savoir où les voyageurs voulaient aller, comment, et ce qu'ils attendent d'une compagnie. Ce qui est le plus ressorti est le temps perdu à l'aéroport». La stratégie est dès lors d'établir des liens durables avec ces aéroports secondaires qui peinent à fidéliser les géants des vols commerciaux.

Quant aux prix, la société genevoise parle d'un tarif minimum de 590 francs l'aller-retour, mais il peut grimper à 1200 francs. Cet argent permet à La Nova de couvrir les coûts fixes engendrés par la location du jet, du personnel ainsi que des infrastructures. L'investissement provient de privés, convaincus par l'idée. Les objectifs futurs sont pour la société de desservir de nouvelles villes intéressantes pour les voyageurs. Les patrons de la société genevoise ont toutefois une stratégie bien précise et ne comptent pas faire des folies. «Nous ne cherchons pas à créer une offre, mais à répondre à une demande» conclut Ludovic Rossé, avec un sourire.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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