Bilan

Investissements étrangers: la France décroche, derrière Londres et Berlin

Si le nombre d'implantations internationales en Europe a atteint un record en 2015, la France a enregistré une baisse des installations d'entreprises étrangères sur son sol.

L'attractivité du pays souffre aussi de "l'inflexibilité du marché du travail", de son "climat social tendu" et du manque de clarté "de son environnement politique, législatif et administratif".

Crédits: Keystone

Si le nombre d'implantations internationales en Europe a atteint un record en 2015, la France a enregistré une baisse des installations d'entreprises étrangères sur son sol et continue de se laisser distancer par le Royaume-Uni et l'Allemagne, selon le baromètre annuel du cabinet EY.

Au total, les 42 pays de "l'Europe économique" --qui incluent la Russie ou encore la Turquie-- suivis par EY, ont attiré l'an dernier 5.083 projets d'implantations étrangers, soit 14% de plus qu'en 2014, qui représentent la création de 217.696 emplois.

Dans ce contexte, la France en a attiré 598, soit 2% de moins qu'un an auparavant. Il s'agit de la "seule et unique baisse parmi le top 15 européen", souligne EY (ex-Ernst and Young) dans son étude.

En termes d'emplois, le tableau est un petit peu plus réjouissant, ces projets ayant représenté 13.639 emplois, soit 8% de plus qu'en 2014. Toutefois, cette hausse "reste à relativiser par rapport à la dynamique européenne" (+17%), nuance EY.

Point particulièrement préoccupant, "on observe un décrochage fort de la France par rapport à ses deux concurrents", le Royaume-Uni --qui a attiré 1.065 projets-- et l'Allemagne --946 projets--, a déclaré à l'AFP Marc Lhermitte, associé d'EY.

Malgré ses efforts pour améliorer la situation, la France pâtit d'une "perception fortement dégradée" de sa compétitivité-prix dans l'ensemble: "72% des décideurs internationaux jugent la fiscalité française peu ou pas attractive et 73% déplorent son niveau de charges sociales", indique l'étude.

L'attractivité du pays souffre aussi de "l'inflexibilité du marché du travail", avec 17% seulement des décideurs jugeant la France attractive sur ce point, de son "climat social tendu" et du manque de clarté "de son environnement politique, législatif et administratif".

Pourtant, la perception de l'attractivité du pays s'est redressée en 2015, avec 80% des décideurs interrogés se disant "plutôt" ou "très satisfaits", soit 12 points de plus qu'en 2014. Mais interrogés sur leurs perspectives d'implantation en France à un an, ils ne sont plus que 24% à dire avoir un tel projet, contre 35% l'année précédente.

"On a le sentiment que les deux-trois années d'efforts faits pour passer la première vitesse ne sont pas assez amples pour rattraper" le retard en matière d'attractivité, a commenté M. Lhermitte. Par ailleurs, "on rentre dans une période d'un ou deux ans où il ne se passera rien" en raison de l'élection présidentielle de 2017, a-t-il ajouté.

Dans le détail, la France reste en tête en termes d'implantations industrielles, avec 212 projets, soit plus qu'au Royaume-Uni (183) et en Allemagne (142). Mais ces projets sont à 80% des extensions de sites, et représentent un nombre modeste d'emplois (en moyenne 31 emplois par site).

Les activités numériques et les services aux entreprises représentent pour leur part 20% des implantations, s'imposant comme "moteur de l'investissement étranger en France".

La capacité d'innovation et de recherche de la France est pour les décideurs son premier atout pour renforcer son rôle dans l'économie mondiale.

En 2015, la France a accueilli deux fois plus de centres de recherche et développement qu'un an auparavant et s'affiche au cinquième rang mondial, derrière le Royaume-Uni, l'Inde, les Etats-Unis, et l'Allemagne.

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