Bilan

Industrie: le rationnement du crédit est une réalité, avertit Swissmechanic

Des signes préoccupants d'une nouvelle phase de récession pour les PME sont déjà perceptibles, met en garde Swissmechanic.

De nombreuses PME suisses veulent investir dans le futur et l'industrie 4.0, mais n'y arrivent pas en raison de problèmes de liquidités propres.

Crédits: Keystone

L'assèchement du crédit fait partie de la réalité et ne figure pas seulement dans les théories économiques, met en garde Swissmechanic. Des signes préoccupants d'une nouvelle phase de récession pour les petites et moyennes entreprises (PME) sont déjà perceptibles.

De nombreuses PME suisses veulent investir dans le futur et l'industrie 4.0, mais n'y arrivent pas en raison de problèmes de liquidités propres et de manques de moyens sur le marché des capitaux, s'inquiète mardi Swissmechanic dans un communiqué. Elles se trouvent dans une situation qui ne peut et ne doit pas être prise à la légère en termes de politique économique et monétaire.

Manque d'argent pour investir

Un sondage mené auprès de quelque 350 PME montre que deux tiers d'entre elles veulent investir dans l'industrie 4.0, l'automation et la numérisation. Mais elles sont moins de la moitié (47,66%) à juger leurs propres moyens et réserves suffisants pour ce faire. Un tiers (35,26%) estime qu'ils ne suffisent pas. Elles sont en outre 28,80% à dire ne pas recevoir assez de capitaux de leur banque.

Plus de 30% des PME interrogées jugent les conditions actuelles des banques d'affaires pour les crédits aux entreprises comme mauvaises à très mauvaises. Elles sont près de 40% à les trouver moyenne. De nombreuses entreprises ne demandent plus de crédits et restreignent leurs investissements au regard de leurs plans initiaux, note Swissmechanic.

Presque un quart des entreprises industrielles ont réduit leurs investissements et un cinquième ont délocalisé toute ou partie de leur production à l'étranger, rappelle encore l'association, sur la base du panorama 2017 dressé par Swissmem.

Crédits douteux

L'évolution du franc constitue dans ce contexte un point important, souligne Swissmechanic. Les stratégies de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque nationale suisse (BNS) visent toutes deux à inonder le marché d'argent bon marché avec une politique de taux bas.

Cela n'amène néanmoins pas à davantage de crédits pour les petites entreprises, mais à une dévaluation de l'argent et à des crédits plus chers. Le concept fonctionne mieux en Europe, où l'euro reste peu cher et les crédits débordent, tandis que les exportations croissent.

Les investisseurs prudents se tournent à nouveau fortement vers le franc, et la pression sur la Suisse et la BNS augmente, selon Swissmechanic, qui évoque le danger d'un nouveau choc du franc. Une disparition massive de PME menace, en particulier si celles-ci n'ont entre-temps pas pris d'avance dans les techniques de production et l'innovation.

L'organisation faîtière des PME de l'industrie des machines, de l'électronique et des métaux (MEM) met en avant le développement de solutions alternatives. La collaboration avec les sociétés actives dans les technologies financières (fintechs) pourrait par exemple permettre de contourner la pénurie de crédits et de permettre aux PME du secteur d'être suffisamment préparées à la prochaine tempête.

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