Bilan

Ils slaloment entre podiums et études

Les deux champions suisses de ski Daniel Yule et Ramon Zenhäusern ont décroché récemment leur bachelor en économie. Ils racontent comment ils ont réussi à concilier les deux activités.

Pour les Valaisans Daniel Yule et Ramon Zenhäusern, le bachelor constitue une garantie pour l’avenir.

Crédits: Jean-Christophe Bott/Keystone

On peut être un champion au plus haut niveau et décrocher un titre universitaire. C’est ce que prouvent les Valaisans Daniel Yule et Ramon Zenhäusern, deux stars du slalom suisse. Du val Ferret, Daniel Yule a crevé l’écran cet hiver en remportant coup sur coup trois épreuves de Coupe du monde. Vice-champion olympique, le Viégeois Ramon Zenhäusern a fini deuxième à Zagreb et flirté souvent avec le podium.

Autre point commun: depuis quelques mois, tous deux sont détenteurs d’un bachelor en économie. De parents britanniques, Daniel Yule l’a obtenu via internet dans une université anglaise. Ramon Zenhäusern l’a décroché par le biais d’UniDistance, seule institution universitaire suisse à distance reconnue par la Confédération.

Si les deux ont tenu à poursuivre leurs études, c’est autant en pensant à leur avenir que par intérêt intellectuel. «Une blessure et tout peut s’arrêter du jour au lendemain en ski», nous confiait récemment Ramon Zenhäusern, après un slalom exhibition à Montana. Même avis chez Daniel Yule. «Dans un sport à risques comme le ski, mieux vaut avoir un plan B au cas où, même si pour l’heure je touche du bois. Et puis l’économie m’a toujours intéressé. Elle permet de mieux comprendre le monde. Et c’est toujours très excitant de voir si les prévisions des experts se vérifient», raconte ce fidèle lecteur de The Economist qui se définit comme un skieur «cérébral».

«j’ai investi tous les temps morts pour travailler»

Etudier à distance exige forcément une grande discipline personnelle, surtout quand on a l’agenda surchargé d’un champion. «Les sportifs qui sont chez nous profitent souvent d’une heure de libre entre deux entraînements pour travailler, explique Muriel Macgeorge, chargée du marketing chez UniDistance. Leur salle de classe, c’est la plateforme internet, ce sont eux qui décident quand ils étudient.» Parmi les 2000 élèves d’UniDistance figurent une bonne centaine d’athlètes de pointe, dont certains bien connus, comme le cycliste Kilian Frankiny, la snowboardeuse Patrizia Kummer ou Vincent Sierro, footballeur au BSC Young Boys.

Ramon Zenhäusern était aux anges quand il a reçu son diplôme en septembre dernier. «Cela me rend aussi fier que de remporter une Coupe du monde», s’est-il exclamé. C’est le fruit de dix semestres où il n’a pas chômé. «L’hiver, j’ai investi tous les temps morts pour travailler, lors des déplacements en bus ou en avion ou quand mes coéquipiers jouaient aux cartes ou regardaient des films.» Pourtant, loin de considérer ces études comme un sacerdoce, il y a trouvé une forme d’équilibre. «Ça aide à penser à autre chose qu’au ski, ça change la tête.»

Forte personnalité du cirque blanc, délégué des athlètes auprès de la Fédération internationale de ski, écologiste convaincu, Daniel Yule a œuvré de manière différente que son ami Ramon. «En fait, j’ai surtout étudié à la maison quand j’avais du temps libre et au printemps à l’approche des examens de juin. L’hiver, j’ai préféré me concentrer sur le ski, même s’il m’est arrivé de donner un coup de reins à mes études quand j’avais pris du retard.» Il estime, comme Ramon, qu’étudier, en plus du ski, l’a aidé en compétition. «Quand on étudie, on mesure mieux à quel point le ski reste un plaisir et la chance qu’on a d’en faire sa profession. Cela vous enlève une certaine pression.»

Rester autonome

Le bachelor, pour eux, constitue une forme de garantie pour l’avenir. Plus tard, Ramon Zenhäusern se voit «travailler dans un domaine conjuguant sport et économie». Daniel Yule espère conserver la même autonomie qu’aujourd’hui. «Sportif d’élite, on est son propre patron. J’espère le rester, et obtenir des postes à responsabilités. Par rapport à d’autres, les études d’économie ont ceci de bien qu’elles laissent toutes les portes ouvertes et c’est aussi pour cela que je les ai choisies.»

Bertrand Monnard*

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